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Anti-terrorisme et lutte contre les discriminations : les prétextes du flicage généralisé.

Cela va vite. Très vite. Plus que jamais, et avec une passivité publique qui n'aurait sans doute pas été possible sous un gouvernement autre que PS.

Les dernières semaines suffisent à en prendre la mesure : Article 13 de la Loi de programmation militaire qui permet la collecte massive de données numériques et l'analyse large des télécommunications par les ministères de la Défense et de l'Intérieur pour des motifs avancés de lutte contre le terrorisme, mais qui englobent également tout un tas d’autres raisons, allant de l'atteinte à l'État (?) à la lutte contre la délinquance. Autant dire un fourre-tout, et ce sans contrôle a priori par un juge, mais à l'initiative de ces administrations, et avec une sorte de soupape a posteriori qui suppose pour la saisir de savoir préalablement que l'on a été une "cible"...

Création dans la foulée d'un nouvel organe de renseignement intérieur propre à la Gendarmerie, publiquement nommé :"sous-direction de l'anticipation opérationnelle" (JORF n°0293 du 18 décembre 2013)

Et avant-hier, François Hollande lui-même : « Nous travaillons avec Jean-Marc Ayrault (...) pour éviter la tranquillité de l'anonymat (sur Internet) qui permet de dire des choses innommables sans être retrouvé » [Le Monde.fr - 17.12.2013]
Et ce, alors même que les dispositifs techniques existent évidemment déjà pour identifier parfaitement, malgré des pseudos et autres détours, les internautes coupables de propos délictueux. On se demande bien quelles nouvelles astuces d'obligation de transparence sont assez primordiales et importantes pour mobiliser à la fois un Président et un Premier Ministre ?

Et d'un autre côté, qui oserait s'insurger contre des mesures aussi importantes que la "lutte contre le terrorisme" et celle contre "le racisme" ?
Personne évidemment. Pas plus qu'il n'y a eu de voix contre la mise en place de fichiers génétiques pour lutter contre les crimes et délits sexuels. Lesquels fichiers ont été par la suite, progressivement étendus... à toutes une palanquée d'infractions les plus diverses pour dépasser allégrement la lutte contre la criminalité sexuelle... CQFD de l'évolution intrusive de ces mesures de collectes de données, ciblées ou massives, qui TOUJOURS, finissent par trouver, plus ou moins discrètement, des applications de "contrôle" et de collectes globales d'informations qui ne sont pas du tout celles ayant justifiées leur mise en place.

Rappelons-nous au passage qu'en février dernier, la sénatrice EELV Esther Benbassa a proposé de former un groupe de réflexion pour faciliter la répression des propos sur les réseaux sociaux. [LePoint.fr- 19/12/2013]

Ce gouvernement "socialiste" et ses alliés politiques, sous des airs de vierges effarouchées - totalement décomplexés des principes de liberté publique puisque c'est "pour notre bien" - mettent en place de manière tout à fait décontractée le plus gros système de collectes massives de données, ET d'obligation de "transparence", que notre pays ait connu. Et pour lequel le précédent gouvernement avait déjà bien préparé le terrain. (Rappelons-nous la tentative de Claude Guéant de créer un fichier des gens honnêtes... dont il aurait donc été exclu de fait, soit dit en passant.)

À l'heure où les politiques, de toutes tendances, s'inquiètent du pouvoir de mobilisation sur les réseaux sociaux, et de cette expression de démocratie directe qui conteste et remet en cause leurs propos et leurs versions - donc leur légitimité - on ne peut que s’inquiéter de l'ombre de la main de fer qui s'annonce sur Internet, sous couvert de "bonnes intentions" dont nous savons déjà qu'elles ne seront vite que simples prétextes à d'autres intrusions prévisibles, que cela soit dans le domaine de l'expression politique, d'opinion ou que sais-je encore...

Tout cela alors que ces derniers mois, le ministre de l'Intérieur, en pleine affaire Snowden, rencontrait assez discrètement à Washington le patron du FBI et celui de la défense américaine, et que le Président de la Commission des Lois se félicitait de l'excellent travail de renseignement sur l'identification des "bonnets rouges" au lendemain d'un entretien, lui aussi, avec le boss du FBI venu à Paris, tout ce beau monde militant pour une collaboration active et transversale entre les services de renseignements de nos deux pays, alors même que nos méthodes intrusives et massives d'espionnage public étaient unanimement dénoncées comme non-démocratiques.

C'est ainsi : dans l'indifférence générale, dans les pays "développés" (sic) le XXIème siècle sera celui du contrôle absolu des populations.

Celui des états policiers.
Tout simplement. 

 

Marc Louboutin

ex lieutenant, auteur et éditeur

Tag(s) : #Nouvelles du front

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