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2014 a été déclarée l’année de solidarité avec le peuple Palestinien. Pour mener une action contre l’apartheid, l’Afrique du Sud reste la mieux placée pour prendre au sérieux une telle initiative, notamment si elle concerne la Palestine.

 

 

Des citoyens ordinaires à la société civile, ou encore ceux des plus hautes sphères du pouvoir, le message sud-africain au peuple palestinien est on ne peut plus clair : « Votre lutte est notre lutte. » Tout au long des discours successifs de la Nation depuis 2010 et lors d’une conférence de presse conjointe avec le Président US Barak Obama, le Président Zuma a ouvertement déclaré : « Nous sommes avec les Palestiniens. »

Mais comme les actes sont plus éloquents que la parole, des personnes appartenant à toutes les couches de la société se sont rencontrées le jeudi 6 février dans le cadre de la Conférence de solidarité parlementaire dans des salles parlementaires dans lesquelles siégeaient autrefois les politiciens de l’apartheid.

Organisée par la Commission Parlementaire sud-Africaine sur les Relations Internationales et la Coopération, la Conférence est la première du genre dans le Parlement. Elle aspire à produire une stratégie pratique et orientée vers l’action qui pourrait être soumise au Parlement Sud-Africain dans le but de mettre en place et de préparer des campagnes de solidarité avec la Palestine, le Sahara Occidental et Cuba.

S’inspirant des messages de solidarité adressés par l’icône de la lutte anti-apartheid Ahmed Kathrada, par divers parlementaires et par des représentants de la société civile, des groupes dissidents ont mis la lumière sur une question clé, à savoir comment intensifier la lutte pour l’autodétermination et apporter une solution durable au conflit israélo-palestinien.

Pour sa part, Marthie Momberg de Kairos Afrique du Sud, une voix œcuménique sur les questions locales et internationales de justice à l’intérieur de l’ensemble de la communauté chrétienne, a demandé au gouvernement Sud-africain d’adopter de véritables sanctions militaires, diplomatiques et financières contre Israël jusqu’à ce qu’il respecte et réponde à toutes les résolutions applicables de l’ONU et du droit international, et mette fin à l’occupation.

Kairos a en outre exhorté le gouvernement Sud-Africain à soumettre cette proposition à l’Union Africaine et à l’ONU. Momberg a également appelé les partis politiques de son pays à afficher clairement et suffisamment tôt leur position par rapport à Israël et ce, en prévision des élections de 2014 en Afrique du Sud.

Par ailleurs, pour aborder le « Dossier Gaza », le militant, universitaire et spécialiste du Moyen-Orient Na’eem Jeenah a expliqué l’obligation légale de l’Autorité Nationale chargée des Poursuites en Afrique du Sud (NPA) en vertu du Statut de Rome. En effet, un rapport de 5000 pages souligne les crimes de guerre commis par le gouvernement israélien contre le peuple Palestinien, ainsi que des cas de citoyens sud-africains qui, en violation des droits international et celui de leur pays, ont activement pris part à l’Opération Plomb Durci et à d’autres attaques illégales.

Jeenah a précisé que le rapport établi en 2009 par le Conseil de Recherche en Sciences Humaines (HSRC) [Human Sciences Research Council] de l’Afrique du Sud et qui a accusé Israël de pratiquer la politique d’apartheid doit être adopté par le parlement et le gouvernement, avec la nécessité de le transférer aux instances internationales, notamment la Cour Pénale Internationale, l’ONU et l’UA.

En outre, Jeena estime que le gouvernement sud-africain avait besoin d’aller au-delà de la démarche de labelliser les produits en provenance des colonies israéliennes par leur véritable origine [fabriqué en colonie israélienne]. Le gouvernement doit cesser toute transaction financière avec les entreprises, banques et compagnies implantées dans les colonies israéliennes.

Les suggestions de Momberg et de Jeenah ont été introduites dans la « Déclaration de Cap Town » qui, pour rappel, est le résultat final du processus de discussions qui a également suggéré que l’action de solidarité devrait aussi passer par l’assouplissement des restrictions sur l’obtention des visas par les étudiants Palestiniens désireux de poursuivre des études en Afrique du Sud.

La Déclaration a également invité le gouvernement sud-africain à encourager et à soutenir les efforts consentis pour parvenir à une réconciliation politique palestinienne ; à soutenir pleinement la « Déclaration de Robben Island » qui appelle à la libération de Marwan Barghouti ainsi que tous les prisonniers politiques Palestiniens et de faire campagne pour suspendre Israël du réseau bancaire SWIFT.

Des visites de solidarité pour témoigner de la situation dans les Territoires Palestiniens Occupées doivent être encouragées par le gouvernement car elle permettra aux sud-africains d’assister en direct à l’apartheid israélien.

Hormis l’objection de Cheryllyn Dudley, membre du Parti Chrétien Démocrate Africain (ACDP) ; un petit parti politique chrétien étroitement lié au lobby sioniste sud-africain, la Déclaration a été unanimement approuvée. Elle fera désormais partie d’un plan d’action parlementaire.

Satisfaite, Momberg a avoué : « C’était un énorme privilège de voir des gens issus de différents partis politiques et milieux interagir les uns avec les autres. Ce ne sont pas les intérêts politiques, religieux ou culturels qui ont motivé leur soutien pour Cuba, la Palestine et le Sahara Occidental, mais plutôt notre humanité commune. Nous voulons être libres et nous le souhaitons pour les autres aussi. »

La société civile et les groupes sud-africains de solidarité avec la Palestine se réjouissent du contenu de la Déclaration. Le coordonnateur du mouvement BDS Afrique du Sud, Muhammed Desai, a chaleureusement accueilli la déclaration de soutien de la conférence de soutien au mouvement BDS.

Les initiateurs du Dossier Gaza, Media Review Network (MRN), Muslim Lawyers Association (MLA) et Palestine Solidarity Alliance (PSA) sont « ravis » d’apprendre que l’accent soit mis sur les obligations légales du gouvernement sud-africain en vertu du Statut de Rome, et avant ces obligations, la nécessité d’une action de la NPA envers le Dossier Gaza. Les groupes « lawfare * » estiment qu’il est « impératif » que la résolution de la Conférence accorde la priorité au Dossier Gaza.

A ce jour, il n’y a eu aucune réaction de la part de l’Ambassade d’Israël, ou bien des principaux groupes de pression pro-Israël, en l’occurrence le Conseil Juif sud-africain des Députés et la Fédération Sioniste sud-africaine.

Note :

* Lawfare : utilisation de la loi comme arme de guerre

 

Tag(s) : #Palestine

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