Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Marquée par une condamnation à mort de 529 partisans de l’ancien président islamiste Mohamed Morsi, l'Egypte est dans une situation très délicate à moins d’un mois des élections présidentielles prévues pour mi-avril.

Le tribunal du Caire a, en première instance ce lundi 24 mars, condamné à mort 529 Frères musulmans, Mohamed Morsi inclus. Les accusations se réfèrent aux violences des affrontements l’été dernier opposant les partisans des Frères musulmans aux forces de sécurité égyptiennes. L’armée, qui avait récupéré le pouvoir une fois le président déchu, avait ainsi instauré l’état d’urgence dans tout le pays. Le bilan était de près de 1400 morts et des milliers d’arrestations.

"Le tribunal a condamné 529 accusés à mort et 16 autres ont été acquittés" affirme l’avocat Ahmed Al Cherif. Les 529 partisans islamistes sont condamnés pour divers chefs d’accusation, dont la mort de deux policiers, l'attaque d'un commissariat et divers actes de dégradation de propriété publique et privée. Ce procès en masse est actuellement le plus important de l’histoire de l’Egypte moderne. Le procès, qui dura moins de 48 heures s’était ouvert à Minya, capitale de l’Egypte Moyenne, ville qui était au cœur des affrontements sanglants entre les forces de sécurité et la minorité chrétienne. Sur les 529 partisans condamnés à la peine capitale, seuls 123 sont détenus, le reste est toujours en fuite. De plus, 700 personnes sont appelées à comparaître devant le tribunal ce mardi pour les mêmes chefs d'inculpation.

Mohamed Tousson, un des avocats de la défense accuse le juge de « violation des droits des accusés » et affirme que le verdict a été prononcé de manière précipitée. Les Frères musulmans nient entièrement leur responsabilité dans ces attaques, alors que figurent parmi les accusés plusieurs leaders des Frères musulmans de Mohamed Morsi, dont Mohamed Badie, dirigeant suprême du mouvement en Egypte. Ce verdict expéditif est décrit comme étant "une catastrophe, une mascarade et un scandale qui aura des conséquences pour l'Egypte pendant des années" par Gamal Eid, expert juridique à la tête du Réseau arabe pour l'information sur les Droits de l'Homme.

Il sera toutefois possible pour les accusés de faire appel et il est également à noter que la peine de mort doit encore être validée par le mufti, véritable représentant de l’islam auprès de l’Etat

Tag(s) : #Nouvelles du front

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :