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C

Ce sera ma dernière intervention sur le dossier ukrainien. Je trouve extraordinaire que tout le monde intervienne et tente de transformer Poutine en agresseur alors que l’Ukraine appartient autant à la vieille Russie originelle que ce que le Kosovo appartenait à la vieille Serbie et que par contre les interventions européennes ne soient jamais mises en question sous couvert de "démocratie", en fait d’ingérence pure et simple comme cela s’est pratiqué dans d’autres révolutions de "couleur", dont personne n’a jamais mis en doute le caractère fabriqué et le rôle joué par Soros et d’utres ONG distribuant des moyens à des "étudiants". Chacun semble avoir oublié le « Fuck the EU » (« Que l’UE aille se faire foutre ») lancé par une responsable américaine Victoria Nuland dans une conversation téléphonique piratée avec l’ambassadeur des Etats-Unis à Kiev début février. les Etats-Unis ne se sont pas privé de jouer un rôle très actif dans la crise ukrainienne, en jugeant que l’Europe était est trop lente et en poussant la France et son allié préférentiel à intervenir. C’est un attitude digne du « containment » à la Reagan, ou des ingérences de la grande époque de la guerre froide, lorsque Washington arrosait ses « clients » ou manipulait à tour de bras en fonction de ses intérêts…

Ce qui soulève encore plus "l’indignation" des âmes nobles qui refusent de voir que l’occident à quelque chose à voir dans ces révoltes et le fait que l’on accuse Obama ce gentil pacifiste… Bref Poutine serait à l’affut pour mettre la main sur l’Ukraine mais les Etats-Unis n’auraient rien à voir, et BHL qui n’a pas vu un seul antisémite à Kiev, interviendrait par pure bonté d’âme et pur élan révolutionnaire qui l’a déjà incité à proclamer la cause des boat people, celle des "démocrates talibans" en Afghanistan, celle des vertueux libyens, j’en passe et des meilleures, là où la CIA l’appelle il apporte la caution des âmes nobles… Le problème est qu’il se trouve encore un individu pour ne pas être alerté par sa présence…

Pourquoi personne ne parle-t-il de la manière dont les Etats-Unis flanqués des Polonais ont littéralement tenté d’encercler les russes en accomplissant au même moment le même encerclement dans la zone pacifique ? … Pourquoi le regain de guerre froide nous est-il présenté comme une crise de l’autocrate Poutine sans jamais faire référence à ce qui est en débat réellement, une nouvelle guerre des étoiles qui transforme l’Europe en poudrière et qui transforme tout conflit régional en risque de guerre thermonucléaire. Ce qui devrait plus nous préoccuper que les états d’âme de monsieur BHL ou les errances atlantistes de la politique française?

Il est extraordinaire que dans ce scénario qui est celui de nos médias où les Etats-Unis jouent les bisounours, et Obama les grands pacifistes, personne ne fasse jamais référence à l’installation en Europe d’un ABM eurasien élargi à l’est européen (Pologne, Tchéque) et à la zone post–soviétique (CEI, principalement le caucase et en Ukraine) avec le prétexte de surveiller l’Iran. Le bouclier anti-missile cristalise les relations entre les Etats-Unis et la Russie et prend en otage le continent Européen avec l’appui de la Pologne au premier chef qui est plus pro-américaine que européenne. Avec l’élection de Barack Obama il était espéré l’ouverture d’une nouvelle ère dans les relations Russo-Etatsuniennes. Il était espéré un nouveau dialogue stratégique entre les Etats-Unis et la Russie avec pour arbitre une Europe unie politiquement, la crise ukrainienne comme d’ailleurs ce qui se passe en Eurasie, en Corée et en Amérique latine témoigne de la fin de ces espérances. ce projet de bouclier, qui va transformer l’Europe en « poudrière » et consacre « l’impérialisme » américain, selon Poutine.

la Russie voit d’un très mauvais oeil l’Otan s’étendre vers l’Est et les bases américaines se multiplier à ses portes, de la Roumanie au Kirghizstan. « Regardez simplement la carte (la défense antimissile mondiale américaine) est en train d’être déployée le long du périmètre de la Russie, et aussi, incidemment, de la Chine », a relevé Lavrov.

Comme au temps de la guerre froide, lorsque l’URSS et les Etats-Unis se mesuraient en permanence à l’aune de leur potentiel stratégique, Moscou affirme que ce bouclier accroît les risques d’un conflit nucléaire et ébranle l’équilibre stratégique du monde. Moscou voudrait que Washington abandonne son projet en faveur d’une politique commune de défense qui inclurait la Russie.

Cette préoccupation est rappelée par V. Poutine : ‘’La Russie a suffisamment de forces et de moyens pour se défendre et défendre ses intérêts aussi bien sur son territoire que dans d’autres régions du monde’’. En définitive, du point de vue russe, l’ABM – associée au renforcement de l’Otan – entraînera une instabilité stratégique structurelle, découlant d’un déséquilibre des forces au profit de la puissance américaine. En fait, cette crainte est présente dés 2000 du fait de l’intervention de l’Otan ‘’en dehors de la zone de responsabilité du bloc’’ et perçue, depuis la crise yougoslave, comme ‘’une menace de déstabilisation de la situation stratégique dans le monde’’. Or la Russie, dans la tradition soviétique, reste attachée au principe de l’équilibre bipolaire des forces nucléaires russes et américaines qui implique de préserver une capacité (dissuasive) de riposte. Cela est très clair dans l’avertissement de l’ancien chef d’état major des troupes russes de missiles stratégiques, le général Viktor Essine, lancé le 11 octobre 2007 : ‘’Même si l’équilibre n’est pas encore total, nous devons en matière de riposte être constamment prêts à infliger aux Américains des dommages intolérables (…)’’ A terme, la Russie redoute une remise en cause des équilibres géopolitiques – donc, de son statut – dans le monde et surtout, sa marginalisation comme simple puissance régionale du fait de la neutralisation par l’ABM du levier nucléaire. Autrement dit, la Russie redoute une rupture stratégique qui rendrait caduc son retour comme grande puissance.

En Europe, on connaît l’architecture future du bouclier : La République Tchèque abrite un radar terrestre anti-missile balistique. Le gros morceau étant pour la Pologne qui va accueillir un radar amélioré de pré-alerte et 10 missiles intercepteurs. Et la lituanie est intéressée. Nous retrouvons les acteurs de l’intervention des Etats-Unis en Europe et des coalitions antirusses pour lesquelles l’Europe ferme les yeux sur la résurgence du nazisme aussi bien que surles prisons secrètes de la CIA avec centres de torture. Le bouclier est donc la pièce maîtresse d’une stratégie de vassalisation de l’Europe qui depuis la guerre de Yougoslavie passe par la mobilisation des forces "antisoviétiques" qu’il soit fait appel pour cela à des anciens alliés nazis n’a rien d’étonnant. Nous sommes en plein dans le docteur Folamour.

Le bouclier est un projet pharaonique qui permet aux Etats-Unis de contrôler l’ensemble de l’espace aérien de la planète, faisant ainsi grincer les dents des Chinois et des Russes. Et cela a un coût : depuis 1983, les Américains ont déboursé 100 milliards de dollars. Les raisons invoquées par les Etats-Unis pour justifier son implantation

Officiellement le bouclier anti missile a pour objectif de parer à toutes les menaces provenant d’Etat voyous de l’axe du mal et notamment de l’IRAN. La réalité de la menace iranienne reste bien sûr à démontrer même si nos médias ne manifestent pas le moindre doute sur le sujet, le reste du monde demeure sceptique et les Iraniens eux-mêmes ne cessent de s’en défendre. L’alliance sino-russe ne cesse de contrer les Etats-Unis et leurs vertueux alliés. Que les gens soient antipathiques ou rendu tels par notre presse ne devrait pas tenir lieu de démonstration. Alors que par ailleurs les faits sont là en matière d’agressivité de l’OTAN.

Dans un document rendu public le 29 mars 2007, le Département d’Etat américain a justifié son plan de déploiement en Europe orientale d’un bouclier antimissile en affirmant que le système actuel de défense antimissile dont disposerait l’OTAN « fournit seulement une protection contre les menaces de courte portée, et ne serait pas capable de se défendre contre des missiles de plus longue portée lancés du Moyen-Orient vers l’Europe centrale ou occidentale ». Outre la Corée du Nord, le projet américain est censé protéger « la sécurité nationale U.S., et la sécurité des amis et alliés des U.S.A. » contre la menace que constitue l’Iran, décrit par le même document comme « l’un des régimes les plus menaçants et les moins responsables du monde ». Au début du mois de mars 2007, John Rood, responsable du Bureau of International Security and Non-proliferation au sein du Département d’Etat U.S., a expliqué clairement que le dispositif projeté, dont la construction des installations doit commencer en 2008, est conçu en réponse à la « menace grandissante » des missiles iraniens.

Le problème, si l’on peut dire, est que les données techniques existantes sur les différents types de missiles dont dispose la République Islamique d’Iran contredisent les affirmations de la diplomatie américaine.

Selon une documentation officielle consacrée aux capacités de l’Iran en matière de missiles balistiques, publiée sous les auspices du Congrès des Etats-Unis en 2004. De par son origine, et parce qu’elle s’appuie principalement sur des sources américaines (et en particulier sur des études menées par la C.I.A.) et britanniques, cette documentation est peu suspecte de minimiser ou de sous-estimer les performances de l’arsenal iranien. Il en ressort que, outre un nombre effectivement important de missiles balistiques dits de courte portée (« short range », c’est-à-dire inférieure à 1.000 kilomètres), parmi lesquels les fameux Scud-B (d’une portée de 300 km) et Scud-C (d’origine nord-coréenne et chinoise, et d’une portée de 500 km), le seul vecteur de longue portée dont dispose l’Iran est le Shahab-3.

Les spécialistes estiment que le Shahab-3 est capable d’atteindre une portée de 1.300 kilomètres, et « pourrait » éventuellement emporter une charge nucléaire. Rappelons à ce sujet qu’aucune donnée tangible n’a été apportée à présent à l’appui des allégations américaines selon lesquelles l’Iran chercherait à développer des armes nucléaires. Les spéculations relayées par certains experts, d’une part sur le fait que l’Iran travaillerait actuellement à l’amélioration des capacités du Shahab-3 (notamment en termes de portée), d’autre part sur l’existence d’un programme visant à développer des missiles Shahab-4, Shahab 5 et Shahab-6 de plus longue portée, semblent ne reposer sur aucune preuve précise et crédible, ainsi qu’il ressort de la documentation américaine susvisée. Quant à l’affirmation selon laquelle le programme spatial iranien, annoncé par Téhéran début 2004 et devant aboutir au lancement d’un satellite, servirait en réalité de camouflage au développement de missiles intercontinentaux, elle n’est pas plus convaincante. La question coréenne

Moscou, qui n’a pas été évidemment pas surpris par l’annonce de l’implantation d’un bouclier antimissile américain dans le nord de la Pologne, a manifesté de la colère. « La cible est la Fédération de Russie », a déclaré à Sotchi le président Dmitri Medvedev et « les contes de fées sur la défense contre de prétendus États voyous (l’Iran, NDLR) à l’aide de ces équipements ne tiennent pas ». Et de conclure : « Nous allons continuer de travailler sur la question. » Que faut-il entendre par là ? Selon le général Anatoli Nogovitsine, chef d’état-major adjoint, que cet accord « ne peut pas rester impuni » et que la Pologne « s’expose elle-même à une frappe ». Le général Nogovitsine n’y va pas de main morte. Il n’exclut pas que Moscou use pour cela de l’arme nucléaire. Ces menaces ne sont pas nouvelles. Depuis des mois, voir des années la Russie multiplie les mises en garde, se disant prête à diriger ses propres lanceurs vers la Pologne et la République tchèque qui abritera la station radar complétant le dispositif.

En pleine crise ukrainienne, tandis que la France et l’Allemagne, plus la Pologne, l’allié le plus direct des Etats-Unis en matière d’installation militaire visitent l’Ukraine, font ostensiblement pression au nom de la démocratie, la tension se poursuit entre la Russie et les Etats-Unis sur la question des missiles. Le 30 janvier 2014, le secrétaire américain à la défense Chuck Hagel en visite à Varsovie déclare : "les Etats-Unis sont déterminés à déployer des éléments de leur système de défense antimissile en Pologne conformément à l’échéancier établi". "Nous espérons que ce programme sera réalisé dans le cadre de la troisième étape de mise en service de la partie européenne du bouclier en 2018", a déclaré le chef du Pentagone. M. Hagel a également remercié les militaires polonais pour leur participation à des missions internationales. "Nous saluons la participation de la Pologne aux missions en Irak et en Afghanistan", a indiqué le secrétaire américain à la Défense. Les Etats-Unis déploient les éléments navals du bouclier antimissile (ABM) en Europe. Un destroyer équipé d’un système de défense antimissile a déjà été envoyé dans le port espagnol de Rota. La Russie pourrait répondre par son retrait du traité START, écrit lundi 3 février le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

Il est évident que si on occulte comme le fait la presse occidentale cette question et celle de l’encerclement dans le pacifique aussi bien que celle des tentatives multiples de déstabilisation en Eurasie, les enjeux de la crise ukrainienne ne peuvent pas réellement apparaître.

L’encerclement de la Russie et de la Chine et les dangers d’une guerre nucléaire

Nous avons actuellement une campagne destinée à diaboliser la Corée du Nord et selon les Russes et les Chinois à installer des missiles en Corée du sud. Mais ce qui est contemment passé sous silence est ce qui préoccupe réellement les Russes et les Chinois et qui crée de fait les conditions d’une nouvelle guerre froide autant que le danger d’une guerre thermonucléaire. Chaque zone de contact pouvant déboucher sur un conflit majeur et les Etats-Unis ayant fait la preuve au cours de leur histoire qu’ils sont capables de recourir à ces extremités.Ils remettent ouvertement en cause l’équilibre et le désarmement intervenu à la chute de l’union soviétique.

La situation de crise économique, sociale, les guerres civiles qui se multiplient et qui sont encouragées ostentiblement (pourquoi Obama reçoit-il le Dalaï Lama, pourquoi a-t-il ouvert les hostilités en Amérique latine?)témoignent de la situation de tension.

PS il s’agit d’un article que j’ai écrit, mais comme il y a beaucoup d’emprunts à des articles de spécialistes que je n’ai pas cités tout en reprenant des pans entiers de leur argumentaire, j’ai jugé plus correct de ne pas me l’attribuer. (note de Danielle Bleitrach)

Tag(s) : #Nouvelles du front

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