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Le titre de cet article est un mot espagnol, un verbe, qui veut dire « nous pouvons », tout comme Obama le perfide, le loup déguisé en agneau, prétendait « yes, we can ». Tu parles, il l’a démontré sur deux mandats, en renvoyant l’ascenseur à Wall Street, ses contributeurs financiers de campagne, au détriment de ses électeurs. Une logique tordue imparable. Ces représentants au premier chef de ‘l’élite’ financière des banquiers véreux, pour exemple, lui ont donné récemment 300 millions de dollars aux dernières élections de mi-mandat pour l’aider, un bien faible investissement qui leur a permis de mettre la main sur 3 500 milliards de dollars des fonds de pension Américains pour jouer avec et faire des commissions sur gestion. Un superbe retour sur investissement. Moins de sous pour les retraités, lésés pour en fait donner des voix à Obama, des milliards dans les poches déjà bien pleines de Wall Street. Vous en entendrez parler, mais ce n’est pas l’objet de cet article. Espérons seulement que cette forfaiture ne nous arrive pas en France avec nos retraites, le modèle Américain ayant tendance à s’exporter et se généraliser sur la planète !

Podemos, c’est aussi le nom d’un parti politique extraordinaire en Espagne, qui est puissamment en ligne pour virer les deux côtés du bipartisme qui ont chacun à leur tour amené l’Espagne au bord de la ruine. Les partis traditionnels du bipartisme ont œuvré sans relâche au profit des ‘élites’ globalistes aidés par les manœuvres concertées du FMI, leur bras armé pour sucer les ressources financières d’un pays et le mettre à bas, ruinant les citoyens. Plus de 50% des jeunes de moins de 30 ans au chômage, un beau tableau de chasse !

Ce parti, Podemos, souligne l’impasse du bipartisme capitaliste et représente une avancée réelle, j’oserais dire décisive, pour l’émancipation et le changement de régime. C’est l’indignation au pouvoir, déjà. La crise humanitaire sans précédent que vit l’Espagne et la répression des mouvements sociaux a ébranlé le régime. Les deux partis traditionnels, le PP de la droite libérale au pouvoir et le PSOE qui se succèdent en alternance au pouvoir depuis que la dictature est finie, perdent des points importants et sortent très affaiblis, grâce à des luttes sociales victorieuses et une révolte populaire. La forte mobilisation, sans aucun doute, va amener des changements politiques importants.

Les élections européennes de mai 2014 ont montré l’émergence indéniable de Podemos. Le PP passe de 42,12 % des votes exprimés en 2009 à 26,05 % en 2014, la claque, et de 23 à 16 sièges au Parlement européen. Le PSOE chute de 38,78 % à 23 %, autre claque, et passe de 21 à 14 sièges. « C’est un dur revers aussi bien pour le PSOE qui a initié une politique antisociale d’austérité en temps de crise que pour le PP qui poursuit la besogne dans le même registre avec Rajoy. » Podemos devient la première force politique du pays avec 27,7 % d’intentions de vote, au delà du PSOE (26,2 %) et du PP (20,7 %). Ces scores miteux, en passant, n’augurent rien de bon pour le maintient de l’Union Européenne, une autre plaisanterie dirigée par des non-élus aux ordres de l’’élite’ mondialiste. Bonne chance aux négociations sur les SDR, qui se passeront entre Janvier et Octobre 2015 dans un climat tendu semble t’il.

Podemos a publié un document exposant sa ligne politique. En voici les extraits, tels que rappelés dans Wikipedia :

- Redresser l’économie en renforçant le contrôle public, en réduisant la pauvreté et en instaurant la dignité sociale via un revenu de base pour tous. Cela comprend le contrôle des lobbys et de l’évasion fiscale des grandes entreprises et multinationales, ainsi que le soutien aux petites entreprises.

- Promouvoir la liberté, l’égalité et la fraternité en abattant les barrières à travers l’Europe et en permettant la coopération entre les personnes sans collecte de renseignements ou inhibitions sociales, qui sont théoriquement des formes d’Antiterrorisme.

- Redéfinir la souveraineté en révoquant ou en troquant le Traité de Lisbonne, en abondant les memoranda d’entente, en retirant l’Espagne de certaines zones de libre-échange et en promouvant le référendum pour toutes les réformes constitutionnelles majeures.

- Récupérer la terre en réduisant la consommation de combustibles fossiles, en promouvant les transports en commun et les Énergies renouvelables, en réduisant les cultures de rente industrielles et en stimulant la production agricole locale par de Petites et moyennes entreprises.

Le leader de Podemos, Pablo Iglesias Turrión, expose la volonté d’un référendum sur le maintien de la monarchie espagnole. Sa mère prétend qu’il était déjà socialiste avant sa naissance (sic). Ce gars-là est un passionné de la lutte sociale, comme il en faudrait chez nous. Au lieu de ça on a des tièdes confortablement installés.

Que tirer de cette ascension fulgurante de Podemos en Espagne ? Tout d’abord que, quand la coupe est pleine, le peuple réagit et fait une sorte de révolution tranquille par les urnes. L’Espagne ayant particulièrement dégusté avec l’Europe, elle commence à remettre les pendules à l’heure. Ce n’est qu’un début. Dans un pays dirigé par Mariano Rajoy, un ex-banquier non élu de Lehman Brothers, qui a précipité la crise de 2008, et un roi, non élu par définition, il serait temps de remettre le pouvoir au peuple et confier tout ça à un démocrate élu. En Italie, Goldman Sachs avait placé Mario Monti à la tête du pays, il s’est aussi fait virer avec perte et fracas. Nous reste l’inénarrable Mario Draghi, ex Goldman Sachs, qui dirige la banque centrale européenne, signe que l’Europe est aux mains des banquiers véreux. Quand on voit que les marchés sont depuis des années suspendus aux lèvres de cet individu qui ne dit rien quand il daigne ouvrir la bouche pour nous enfumer, on trépigne et on se dit qu’on est tombés bien bas. Plus c’est gros, plus ça fait monter les marchés.

Sans être un optimiste invétéré, il y a des raisons sérieuses d’espérer. Podemos et l’Espagne montrent que tout n’est pas perdu dans la lutte entre le peuple qu’on veut asservir, et la classe des ‘élites’, rentiers et globalistes, représentés par le FMI et le Nouvel Ordre Mondial. À espérer que ça arrive en France car, si Podemos est socialiste, c’est le Front National qui enregistre un beau score aux européennes. Le Front de Gauche ne décolle pas vraiment, en dépit d’une grande similitude avec Podemos, me semble-t-il, sauf surtout sur l’immigration. Rendez vous en 2017. D’ici là, les développements en Europe devraient prendre des tournures inédites, ainsi que le redéploiement des forces mondiales, passant du modèle mono polaire Américain à la renaissance des nations. Le dollar et l’Amérique devraient en prendre un fameux coup dans l’aile, et tous les illusionnistes qui s’illusionnent et nous illusionnent en France pourraient perdre… leurs illusions, et nous rendre les nôtres.

Yes, we can ! Euh, non, je veux dire Podemos ou, mieux, nous pouvons. Il suffit de sortir de sa torpeur, les Espagnols l’ont bien fait, eux.

Algarath

 

Tag(s) : #Activisme

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