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Warren Hill, un handicapé mental, dont le retard intellectuel avait été attesté par de nombreuses expertises psychiatriques, a été exécuté durant la nuit en Géorgie, dans sud-est des Etats-Unis, l’un des états les plus rétrogrades en matière de peine de mort.

"Cette exécution est une abomination", a déclaré l’avocat de Warren Hill, Brian Kammer. "La Cour a aujourd'hui laissé se produire, de manière totalement inconsciente, une erreur judiciaire grotesque". Pour lui, "le souvenir de l'exécution illégale de M. Hill sera perpétué comme une tache morale sur le peuple de cet Etat et les tribunaux qui l'ont laissée se produire".

Warren Hill, 54 ans, doté d'un QI de 70, avait été condamné à la peine capitale après avoir tué un prisonnier avec une planche à clous en 1990 alors qu'il purgeait déjà une peine de réclusion à perpétuité pour le meurtre, cinq ans plus tôt, de sa compagne. Warren Hill avait passé 24 ans dans le couloir de la mort. Il a été déclaré mort par injection létale à 19H55 heure locale, au milieu de la nuit en France, au pénitencier de Jackson. Selon son avocat, sa capacité mentale était celle d'un enfant de 11 ans. Plusieurs expertises psychiatriques, y compris par des médecins désignés par l'Etat de Géorgie, avaient attesté du retard intellectuel de Warren Hill depuis son enfance. Une pétition rassemblant 5000 personnes, l'Union européenne ainsi que de nombreuses organisations d'experts, d'avocats, de malades et médecins, de même que des personnalités comme l'ex-président américain Jimmy Carter, la famille de la victime et les jurés qui l'avaient condamné, avaient appelé à commuer la peine capitale de Warren Hill.

Ultime rempart pour arrêter une exécution, la Cour suprême avait, par sept voix contre deux, donné son feu vert à l'exécution un peu plus d'une heure avant sa mort. Elle avait pourtant, en 1986, interdit l'exécution des personnes démentes, en vertu du Huitième Amendement qui proscrit "le châtiment cruel et inhabituel". En 2002, elle a estimé que les handicapés mentaux ne pouvaient pas non plus être exécutés car leur handicap "ferait courir le risque d'une exécution arbitraire". Mais chaque Etat dispose de lois différentes pour reconnaître le retard mental, et la Géorgie est l'un des plus rétrogrades du pays, estimant que le handicap d'un condamné doit être établi "au-delà d'un doute raisonnable" pour échapper à l'exécution.

Les avocats de Warren Hill espéraient que la plus haute juridiction du pays s'appuierait sur sa décision de l'an dernier, quand elle avait jugé qu'on ne pouvait pas évaluer le retard mental ni décréter à partir de quel quotient intellectuel un prisonnier pouvait être considéré comme retardé, sans soulever "un risque inacceptable" d'exécution anticonstitutionnelle.
Warren Lee Hill est le cinquième détenu à avoir été exécuté depuis début janvier aux Etats-Unis et le second en Géorgie, selon le Centre d'information sur la peine de mort.

 

Tag(s) : #Nouvelles du front

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