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La mosquée d'Aix-les-Bains partiellement détruite par un incendie le 9 janvier.

 

 

Impacts de balles, inscriptions racistes, têtes de porcs accrochées aux portes des mosquées..., entre une islamophobie rampante et l'amalgame avec le terrorisme, les musulmans de France s'attendent à des lendemains difficiles. Depuis l'attentat perpétré par les terroristes islamistes contre la rédaction de Charlie Hebdo, mercredi 7 janvier, 116 actes anti-musulmans ont été recensés en France - autant que sur l'ensemble de l'année 2010 -, soit une hausse de 110 % par rapport à ceux comptabilisés pour le mois de janvier 2014, a annoncé lundi à l'AFP l'Observatoire national contre l'islamophobie. De son côté, depuis le 7 janvier, le ministère de l'Intérieur détaille 28 actions contre des lieux de culte musulmans et 88 menaces.

Moins de 48 heures après l'attentat commis contre Charlie Hebdo, les fidèles de la mosquée de Bayonne, dans les Pyrénées-Atlantiques, découvraient l'entrée du lieu de culte barrée d'inscriptions racistes, taguées à la bombe de peinture jaune.

 

Tags et coups de feu

À Rennes, la façade d'un centre culturel islamique en construction a été vandalisée dans la nuit du 8 au 9 janvier. Sur les murs, les inscriptions "Er maez" - "Dehors" - en breton et "Arabes" en français.

Dans le Pas-de-Calais, la future mosquée de Béthune a été taguée du même slogan haineux : "Dehors les Arabes." La région, qui semblait jusque-là épargnée par l'islamophobie, ne l'est plus. La même nuit, le chantier de la mosquée de Liévin a également été couvert de tags nazis, découverts le 9 janvier au matin par la communauté musulmane. 

Dans le Bas-Rhin, le journal L'Alsace rapporte que des ouvriers travaillant sur le chantier de la future mosquée de Bischwiller ont découvert, au lendemain de l'attentat contre Charlie Hebdo, une inscription "Ich Bin Charlie" sur les murs extérieurs de l'édifice et un "dessin obscène". C'est la troisième fois que la mosquée était prise pour cible. Sur place, le président de l'association culturelle franco-turque dénonçait l'amalgame : "À cause de trois personnes, ce sont tous les musulmans de la France qui sont punis."

En Corse, le vendredi 9 janvier à 6 h 30, un membre de la communauté marocaine de Corte découvre une tête de sanglier et des viscères accrochées sur la porte d'entrée du lieu de culte musulman de la ville. La veille, des mains anonymes déposaient déjà des tracts islamophobes sous les essuie-glaces des voitures stationnées dans le centre-ville de Bastia.

À Soissons, les murs de la mosquée ont aussi été la cible de plusieurs coups de feu dans la nuit du 9 janvier. En région Rhône-Alpes, dans la nuit du jeudi 8 au vendredi 9 janvier, un incendie criminel avait dévasté la mosquée du quartier de l'ancien abattoir d'Aix-les-Bains, rendant le lieu de culte inutilisable. 

Plus tragique encore, un père de famille d'origine marocaine a été tué dans la nuit du 13 au 14 janvier, de 17 coups de couteau, dans le Vaucluse. Dans un communiqué, l'Observatoire national contre l'islamophobie dénonçait un "acte horrible aux mobiles islamophobes". Selon le président de l'observatoire, l'épouse de la victime a témoigné avoir entendu l'agresseur présumé crier "Je suis ton Dieu, je suis ton islam". Le parquet d'Avignon a indiqué à l'AFP que "l'aspect islamophobe sera(it) vérifié dans le cadre de l'instruction".

 

Une vague européenne

 

Cette vague d'islamophobie ne se cantonne pas à la France. Avant même les attentats parisiens, des attaques avaient visé la communauté musulmane suédoise. Trois mosquées avaient été prises pour cible en moins de dix jours, fin décembre. Cette vague d'attaques survenait alors que le débat autour de l'immigration s'intensifiait dans le pays. France 24 rapporte qu'en novembre dernier une enquête gouvernementale révélait que deux tiers des associations musulmanes de Suède affirmaient avoir souffert d'actes de vandalisme. 

De même, depuis trois mois, l'Allemagne voit grossir le mouvement anti-islam porté par Pegida - les "patriotes européens contre l'islamisation de l'Occident" -, qui connaît un succès croissant, même s'il concerne surtout la région de Dresde. En Espagne, le mouvement vient tout juste de s'exporter, de même qu'en Autriche, en Norvège, en Suède, en Suisse et en France.

JULIAN MATTEI

 

Tag(s) : #Nouvelles du front

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