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Le Parlement prépare un budget 2015 au rabais pour toucher les milliards du Fonds monétaire international.

Hier à Kiev, les députés de la Rada (parlement ukrainien) ont débattu des contours sombres du futur budget 2015 concocté par l’ancienne membre du département d’État américain et nouvelle ministre des Finances du pays, la néo-Ukrainienne Natalie Jaresko. Ce budget d’austérité voté par l’ancien Parlement au printemps dernier résulte des contreparties imposées par le FMI à Kiev pour recevoir l’aide financière de 17 milliards de dollars (dont 4,6 milliards ont été débloqués) promise dans le cadre d’un plan de sauvetage de 27 milliards imaginé par les pays occidentaux. Depuis lors, le fonds a même réajusté ces aides à hauteur de 19 milliards supplémentaires d’ici à la fin 2015. Une carotte que les Ukrainiens devront payer au prix fort.

L’éducation sera particulièrement touchée

Globalement, le budget de l’État sera réduit sur deux ans d’environ 10 % du produit intérieur brut du pays. Les tarifs de l’énergie seront à la hausse tandis que des coupes drastiques dans les dépenses sociales, dont la santé, sont à prévoir. Un plan de licenciement de 10 % des employés du secteur public est également envisagé. L’éducation et l’enseignement seront particulièrement touchés : 400 écoles devraient fermer et le nombre de bourses d’études, revu à la baisse. Au contraire des frais d’inscription qui vont augmenter, notamment dans les universités. Le ministre des Transports a également annoncé la privatisation des agences gestionnaires de routes et de voies ferrées, tandis qu’une « réforme » à grande échelle de l’industrie du charbon devrait être entreprise. On parle ici de la fermeture définitive de 32 mines, de la fermeture temporaire de 24 autres, et de la privatisation de 37 sites miniers de 2015 à 2019. Des sacrifices lourds qui ne feront pas reculer les députés antirusses et pro-occidentaux élus fin octobre. Le nouveau ministre de l’Économie ukrainien, le Lituanien Aivaras Abromavicius, en est persuadé : « Le Parlement semble enclin pour le moment à voter beaucoup de lois. Je ne vois aucune raison pour ne pas agir tout de suite de manière radicale. » Les Ukrainiens se préparent à vivre ce que les Russes ont subi après 1991 lorsque des réformes radicales visant à assurer la transition de la Russie vers l’économie de marché avaient plongé une grande partie de la population dans la pauvreté. Ce que refuse pourtant une partie des Ukrainiens. La veille de Noël, à Kiev, plusieurs milliers de personnes, travailleurs, retraités et étudiants, ont manifesté devant le Parlement pour dénoncer ce plan d’austérité.

Tag(s) : #Nouvelles du front

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