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Libérée par les Kurdes, la ville syrienne sort dévastée des mois d'affrontements entre le groupe État islamique et la coalition internationale.

 

Bâtiments éventrés, rues désertes jonchées de débris : la ville syrienne de Kobané, entièrement contrôlée depuis deux jours par les forces kurdes, a été largement détruite par les quatre mois de combats acharnés qui les ont opposées aux djihadistes du groupe État islamique (EI). Les dégâts subis par Kobané, devenue le symbole d'une guerre civile qui a fait près de 200 000 morts depuis 2011, sont spectaculaires.

Les combattants des Unités de protection du peuple (YPG), la milice du principal parti kurde de Syrie, règnent en maîtres sur des rues abandonnées par la plupart de leurs habitants. Seuls quelques rares civils ont été aperçus dans des rues de la partie occidentale de la ville, moins touchée par les affrontements. À plusieurs carrefours, des groupes de miliciens en tenue mi-militaire mi-civile ont salué la présence des journalistes par des rafales de kalachnikov tirées dans le ciel et en faisant le "V" de la victoire. Dans certaines rues, des obus de mortier non explosés gisent encore au milieu des gravats et de quelques véhicules criblés de balles abandonnés, témoins de la violence des affrontements.

Le calme régnait dans l'ensemble de la ville, alors que les opérations militaires se poursuivaient dans les villages environnants. Les avions de la coalition internationale dirigée par les États-Unis continuaient mercredi de survoler la ville à l'affût de cibles djihadistes. De mardi jusqu'à mercredi matin, 13 frappes ont permis d'y détruire 12 véhicules, a annoncé le Pentagone. 

Malgré la fin de la bataille, la frontière entre la Turquie et la Syrie restait hermétiquement fermée mercredi par des gendarmes et des soldats turcs, empêchant les réfugiés de revenir à Kobané et dans ses environs. L'offensive djihadiste lancée mi-septembre dans la région de Kobané a poussé quelque 200 000 Syriens, pour l'essentiel kurdes, à trouver refuge en Turquie. "Nous ne laissons rentrer aucun réfugié jusqu'à nouvel ordre", a indiqué à l'AFP un responsable de l'agence gouvernementale turque en charge des situations d'urgence (Afad) s'exprimant sous le couvert de l'anonymat.

Discussions à Moscou 

Les autorités turques ont déployé d'importants effectifs de gendarmes et de soldats autour du poste-frontière de Mursitpinar, à quelques kilomètres de la ville de Suruç (sud), afin de prévenir toute traversée. Mardi, ces forces ont eu recours aux gaz lacrymogènes et aux canons à eau pour repousser des groupes de personnes qui s'approchaient de la frontière.

Deux jours après la fin des combats dans Kobané, des opposants syriens et des émissaires du président Bachar el-Assad se sont par ailleurs retrouvés mercredi à Moscou pour tenter de renouer le dialogue, rompu depuis l'échec des discussions dites de Genève II en février 2014. Les ambitions de ces discussions restent très modestes compte tenu de l'absence de la Coalition nationale de l'opposition syrienne, considérée par la communauté internationale comme la principale force d'opposition au régime de Damas.

La Coalition a exclu toute participation, estimant que les discussions devraient avoir lieu sous l'égide de l'ONU en pays "neutre", et non en Russie, soutien indéfectible de Damas. "Personne n'a l'illusion que quelques jours de discussion vont résoudre tous les problèmes, mais il faut lancer les choses rapidement", a lui-même concédé l'hôte de la réunion, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, évoquant des "concessions inévitables dans la recherche d'un compromis". Ces pourparlers, dans une résidence de la diplomatie russe, impliquent 32 membres de différents groupes de l'opposition tolérée par Damas et 6 membres d'une délégation officielle menée par l'ambassadeur de Syrie à l'ONU, Bachar Jaafari.

Tag(s) : #Nouvelles du front

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