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Ce ne sont que des enfants. Des mineurs, certains n’ont même pas dix ans. Combien sont-ils à franchir illégalement la frontière des États-Unis au terme d’une longue et dangereuse errance à travers l’Amérique centrale ? Entre octobre 2013 et mai 2014, plus de 57 000 d’entre eux ont été détenus par les autorités. Ils étaient 24 000 un an plus tôt. Ces enfants sont depuis parqués dans des centres de rétention surpeuplés, provoquant une situation d’urgence humanitaire. En attendant, dans le meilleur des cas, que des membres de leurs familles qui vivent légalement sur le sol états-unien les prennent en charge. Pour l’immense majorité d’entre eux, ils seront finalement expulsés vers leur pays d’origine : le Salvador, le Guatemala, le Honduras ou encore le Mexique voisin. Il y a quelques jours, le principal lobby « latino », le Conseil national de la race, s’est inquiété du « discours de haine » véhiculé par les néoconservateurs. « Nous parlons d’enfants désespérés », a dû rappeler sa vice-présidente, Clarissa Martinez de Castro. Le gouverneur du Texas, l’ancien candidat à l’élection présidentielle Rick Perry, a quant à lui dépêché 1 000 réservistes à la frontière, croyant contenir par ce dispositif militaire les migrants qui arrivent quotidiennement, en dépit de l’existence d’un mur de barbelés long de 3 200 kilomètres. « On ne peut pas parler de sécurité nationale sans sécurité aux frontières », a martelé ce républicain réputé pour être un pourfendeur du « gouvernement fédéral » qu’il accuse de laxisme en matière de lutte contre l’immigration. Les républicains accusent le président Barack Obama d’être à l’origine des récents flux avec sa réforme migratoire pourtant bloquée depuis deux ans à la Chambre des représentants où les conservateurs sont majoritaires. De fait, le locataire du bureau ovale a enterré son projet qui prévoyait, certes, un assouplissement des conditions de naturalisation pour les enfants sans papiers mais aussi un contrôle renforcé aux frontières. Dans la foulée, il a demandé une enveloppe exceptionnelle de 3,7 milliards de dollars au Congrès pour augmenter les capacités d’accueil des centres de rétention et multiplier les expulsions d’enfants. Fin juin, il a même enjoint leurs parents « à ne pas les envoyer » aux États-Unis. « Nous les renverrons », a-t-il menacé, au mépris des conventions internationales.

«Freiner le flux de ces immigrés sans papiers»

Comme le rappelle une récente étude des Nations unies, 60 % de ces mineurs répondent aux critères de protection en raison de l’extrême fragilité sociale dans laquelle ils vivaient dans leur pays d’origine. Vendredi, Barack Obama recevra à la Maison-Blanche ses homologues du Guatemala, du Honduras et Salvador. Il s’agit pour Washington de « freiner le flux de ces immigrés sans papiers ». Selon un communiqué officiel, Barack Obama entend également aborder « la manière de travailler avec les membres de la communauté internationale pour promouvoir le développement, la croissance économique et la sécurité de la région ». Sur ce point, les déclarations d’intention ne suffiront pas. Si les migrations ont toujours existé, elles ont connu une nette accélération ces dernières années en raison de la dégradation économique dans la région. Conséquence des traités de libre-échange signés avec les États-Unis, la pauvreté qui sévit en Amérique centrale contraint des millions de personnes à prendre le chemin de l’exil.

 

Tag(s) : #Nouvelles du front

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