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Après un appel à la mobilisation, les « zadistes » occupant le site du barrage de Sivens arrivent en nombre pour résister à la première procédure d'expulsion. Ils comparaissent lundi et mardi au tribunal d'Albi.

 

Les «zadistes» du site du barrage de Sivens (Tarn) n'ont jamais été aussi près de la porte de sortie de la ZAD («Zone à défendre») qu'ils occupent illégalement, au moins juridiquement. Alors qu'«aucun arrêté préfectoral d'expulsion» n'a été pris par les autorités, confirme au Figaro le sous-préfet de Castres (Tarn) Jean-Yves Chiaro, ces opposants au barrage - et aux solutions alternatives proposées par les experts mandatés par Ségolène Royal depuis l'abandon du projet hydraulique initial - font l'objet d'une procédure d'urgence qui les conduit dès lundi après-midi et mardi matin devant les tribunaux de la région.

Un huissier de justice est venu samedi sur la ZAD, en forêt de Sivens, pour leur remettre leurs assignations à comparaître au TGI d'Albi, à 25 kilomètres de là. Mercredi dernier, il s'était déjà rendu sur place pour dresser le constat de toutes les parcelles occupées, mettant la puce à l'oreille aux écolo-activistes qui se tiennent prêts à entrer dans la lutte. Cette procédure serait conduite par le Conseil général du Tarn, grand promoteur du projet, et la Compagnie générale des coteaux de Gascogne (CACG), le maître d'œuvre du barrage, mais aussi quelques propriétaires particuliers réunis en collectif.

La zone à expulser concerne la «Métairie neuve»

Cette procédure d'expulsion intervient alors que Ségolène Royal a annoncé, mercredi dernier, que les zadistes seraient délogés dès lors que les élus locaux auront fait le choix du projet à mettre en œuvre, selon les deux propositions recommandées par les experts. Un choix qui, le temps des mille et une études, enquêtes publiques et sésames administratifs nécessaires, prendrait de deux à quatre ans, selon les spécialistes. Mais «seulement» un an et demi, d'après le rapport des experts.

La zone à expulser concerne la «Métairie neuve», une bâtisse où s'organise la communauté zadiste, mais aussi des lieux épars où tentes et cabanes dans les arbres se sont disséminées depuis des mois. Quant au nombre d'«alters» à déloger, il pourrait créer la surprise comme à Notre-Dame-des-Landes au plus fort de la lutte dans le maquis nantais. Si les zadistes étaient une cinquantaine il y a encore une semaine, ils promettent d'être beaucoup plus nombreux, après avoir lancé la semaine dernière un appel à la mobilisation des «forces» venant des autres ZAD de France (Notre-Dame-des-Landes, Roybon, Agen…). «En théorie, le site peut être expulsable dès le 4 au matin…, envisage un opposant au barrage. Il faut être prêt». Ce week-end sur Facebook, la page de «Soutien à la ZAD du Testet» haranguait les internautes: «Toutes et tous au Testet pendant tout février!», afin d'«être intouchables, juste grâce à notre nombre et à notre détermination!»

Des militants pro-barrages venus «encercler» la ZAD

Dimanche, les tensions, déjà très vives depuis des mois entre les zadistes et les pro-barrages de la région (agriculteurs et riverains), redoublaient. Alors que la ZAD entendait fêter la «Journée mondiale des zones humides», en organisant des conférences et des visites avec des spécialistes de la faune et de la flore, tout a été annulé en raison de militants pro-barrages venus «encercler» la ZAD. Des brigades de gendarmes mobiles étaient sur les lieux, pour en interdire les accès. Selon Camille, un zadiste, «des quads ont quadrillé la forêt toute la matinée», leurs conducteurs expliquant défendre les intérêts des agriculteurs car «ils sont nos clients», rapporte-t-il.

Dans l'attente de la décision judiciaire d'expulser ou non, les renforts zadistes commencent déjà à arriver sur place. Les co-voiturages s'organisent sur les réseaux sociaux, et des «djihadistes verts» - comme les surnomment les agriculteurs du coin - apparaissent sur le bord des petites routes de la vallée du Tescou, le pouce levé en direction des automobilistes. Jeudi, les zadistes devraient aussi rencontrer le préfet, pour la première fois.

Delphine de Mallevoüe

Tag(s) : #Activisme

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