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La communauté chrétienne d'Inde s'inquiète des récentes attaques dont elle a été la cible et prie pour la paix à l'occasion de Pâques.

 

Les chrétiens ont longtemps vécu dans une relative harmonie en Inde avec les musulmans, les bouddhistes et les autres minorités religieuses ainsi qu'avec les hindous, qui forment l'essentiel des 1,2 milliard d'habitants. Mais les incendies criminels et les actes de vandalisme qui ont touché des églises et une école ont ébranlé la communauté et ouvert de nouvelles lignes de  fracture dans le pays. 

Le viol d'une religieuse septuagénaire dans le Bengale occidental (est) le 14 mars dernier a encore accru les inquiétudes."J'ai vraiment peur. Avant de venir à l'église, je regarde à droite, à gauche et un peu tout", dit Cyril Samion à l'AFP, devant la cathédrale du Sacré-Coeur de Delhi.
 
A l'approche de Pâques, les fidèles disent prier pour les responsables de ces attaques, survenues essentiellement dans la capitale. "Un lieu saint où les gens viennent prier ne devrait jamais être attaqué", dit Anthony Velangani, devant la cathédrale. "Et c'est pourquoi nous sommes si tristes. Il est inutile d'accabler qui que ce soit. Nous prions Dieu pour qu'il donne un peu de bon sens aux gens qui sont derrière tout cela", ajoute-t-il.

 

Les responsables politiques accusés

Les responsables catholiques imputent les récents actes de vandalisme aux extrémistes hindous qui, selon eux, se sont sentis encouragés par l'arrivée au pouvoir du Premier ministre nationaliste hindou, Narendra Modi. 

Pour le père Maria Susai, qui célèbre à la cathédrale, ces attaques s'inscrivent dans une campagne menée par des groupes tels que l'influent Rashtriya Swayamsevak Sangh (RSS) pour "marginaliser les minorités en Inde". Il estime que le gouvernement de Narengra Modi n'agit pas suffisamment pour garantir la sécurité de tous et non seulement des hindous. "C'est la période la  plus sombre de la politique indienne".

 

Tensions récurrentes entre chrétiens et hindous

Les tensions entre chrétiens, qui représentent 2,3% de la population, et hindous ont émaillé l'histoire, en particulier dans l'Etat de l'Orissa (est). Des émeutes anti-chrétiennes y avaient fait plus de 100 morts en 2008, selon des groupes chrétiens. Mais la majorité d'entre eux a toujours vécu en paix en Inde, concentré pendant des années dans le nord-est, l'Orissa et les Etats de Goa et du Kérala dans le sud.

Depuis décembre, les actes de vandalisme ont suscité la colère et une manifestation de protestation de chrétiens à Delhi. Mais c'est le viol d'une religieuse septuagénaire en mars dans le couvent d'une école qui a ébranlé la communauté. Ces incidents avaient été précédés fin 2014 d'une série de "re-conversions" de masse de chrétiens et musulmans à l'hindouisme qui avait provoqué des remous  au parlement. 

Lors d'un récent rassemblement de dignitaires religieux, le ministre de l'Intérieur Rajnath Singh a exhorté à l'harmonie entre religions. Mais certains chrétiens sont sceptiques, jugent que les extrémistes "n'écoutent pas leurs dirigeants". "Chaque condamnation est suivie d'une attaque d'église ou d'une déclaration toxique", estime Philip Mathew depuis l'extérieur de la cathédrale.

Tag(s) : #Ni Dieu ni Allah

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