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Les grandes puissances et l'Iran ont conclu hier à Lausanne un accord-cadre pour résoudre le dossier du nucléaire iranien, une étape qualifiée d'« historique » en vue d'un accord final d'ici au 30 juin, mais assortie de nombreuses mises en garde de la part des Occidentaux.
Intervenant à la Maison-Blanche, le président américain Obama a salué une « entente historique avec l'Iran qui, si elle est pleinement appliquée, l'empêchera d'obtenir l'arme nucléaire ». Mais il a immédiatement souligné que tout accord ferait l'objet de « vérifications sans précédent » quant à son application. Si l'Iran triche, « le monde le saura », a-t-il ajouté. La Russie a également salué l'accord, estimant qu'il constituait une reconnaissance du droit « inconditionnel » de l'Iran à développer un programme civil.

C'est sur Twitter que les Occidentaux et les Iraniens, dont le président Hassan Rohani en personne, ont tous annoncé qu'un accord-cadre avait été conclu à l'issue de plusieurs journées de négociations-marathons. « Des solutions sur les paramètres-clés du dossier nucléaire de l'Iran ont été trouvées. L'écriture (d'un accord final) doit commencer immédiatement, pour être terminée d'ici au 30 juin », a écrit M. Rohani. On a « maintenant les paramètres » pour résoudre les principales questions, a confirmé le secrétaire d'État américain John Kerry. « Grand jour. (...) Retour au travail bientôt sur un accord final », a-t-il tweeté. C'est un « accord d'étape » positif, mais « il reste du travail à faire », a insisté pour sa part le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius.

Selon les premiers éléments divulgués de ce préaccord, la capacité d'enrichissement d'uranium de l'Iran devra être réduite des deux tiers (ses centrifugeuses passant de 19 000 à 6 000). De plus, les sanctions occidentales seront levées en fonction du respect des engagements de l'Iran, a immédiatement prévenu l'Union européenne. Et elles seront rétablies « si l'accord n'est pas appliqué », a mis en garde la présidence française dans un communiqué.
Tout accord final devra être endossé par le Conseil de sécurité de l'Onu, a en outre souligné la chef de la diplomatie de l'Union européenne, Federica Mogherini, qui a été au cœur des discussions à Lausanne.

Interrogé par L'OLJ, Thierry Coville, chercheur à l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris) et spécialiste de l'Iran, estime que l'accord est une « réussite », assurant néanmoins qu'il « faut être prudent et examiner ses détails ». Il s'agit « d'une étape importante vers un accord final et il faudra mettre tout cela en musique dans trois mois », affirme-t-il.

 

La communauté internationale veut brider le programme nucléaire iranien et le contrôler étroitement pour s'assurer que Téhéran ne se dotera jamais de la bombe atomique. Mais la négociation, relancée en 2013 après des années de crise, butait depuis des mois sur des points-clés : la durée d'un accord, que les grandes puissances voulaient initialement voir en vigueur pendant 15 ans, le nombre de centrifugeuses, machines qui permettent d'enrichir l'uranium, et les modalités de levée des sanctions. Comme l'ont souligné les Occidentaux, le compromis d'hier ne marquera donc pas la fin de l'histoire.

En effet, même si les négociateurs ont pu s'entendre sur les grands « paramètres » et fixer des orientations assez précises, tous les détails techniques de ce dossier extraordinairement complexe devront être éclaircis et finalisés pour le 30 juin.
Enfin, des risques subsistent que les conservateurs des deux camps bloquent cet accord-cadre. Thierry Coville estime, en effet, qu'« ils vont essayer ». « Je ne pense pas qu'ils puissent faire grand-chose. C'est certain que cela les démange. Mais le processus est lancé. »

 

Tag(s) : #Nouvelles du front

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