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Nouvelle montée en grade dans l'horreur de la maltraitance animale. Une vidéo choc, sortie par l'association L214 et révélée par "Le Monde", montre cette fois l’abattage de vaches gestantes.

Tournées en mai,dans le plus grand abattoir municipal de France, les images montrent d'abord des vaches suspendues par la patte arrière avoir la gorge tranchée. Puis, dans l'atelier de boyauderie, des salariés ouvrent des utérus à l'aide d'un couteau et en sortent des foetus à des stades plus ou moins avancés. On y distingue parfois des veaux très formés.

Mauricio Garcia-Pereira, qui a tourné les images, s'indigne :

"On jette le veau dans une poubelle pleine de merde. Parfois, il bouge, comme s’il était vivant. On fait ça tous les jours, au moins cinquante fois par semaine. Comment on peut les tuer, nom de Dieu ? Des vaches pleines et des veaux qui sont en train de sortir."

Cet Espagnol de 47 ans est le premier à dénoncer les conditions d'abattage à visage découvert. "Je sais que je vais perdre mon travail. Je l’espère même", assure-t-il. "Je veux que le peuple français soit au courant."

Sur son site, l'association L214 dénonce "un océan de souffrance". "C’est le septième abattoir mis au jour en un an. Les scandales se suivent. La souffrance continue", ajoute-t-elle.

Une pratique légale

L'abattage de vaches gestantes est légal. Si le code sanitaire de l’Organisation mondiale de la santé animale prévoit que "les femelles gravides qui parviendraient au dernier 10% de la période de gestation ne doivent être ni transportées ni abattues", il s’agit d'une recommandation et non d’une réglementation. En Allemagne, le gouvernement a soumis une proposition à la Commission européenne visant à interdire l’abattage des vaches lors du dernier trimestre de gestation. 

Combien d'animaux sont concernés ? Selon l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), des études menées en Allemagne, en Italie, en Belgique et au Luxembourg ont prouvé que 10% à 15% des vaches sont abattues alors qu’elles sont pleines, souvent durant la dernière période de gestation. 

"Parmi les raisons évoquées, les éleveurs interrogés affirment le plus souvent qu’ils n’étaient pas au courant de la gestation, ou avancent des inflammations de la mamelle (mammite) et des troubles de fertilité", écrit "Le Monde". Des raisons économiques semblent également rentrer en compte. Katharina Riehn, professeure à l’université de Hambourg, détaille :

"La vache gestante pesant plus lourd, elle sera vendue plus cher à l’abattoir, au prix de la viande."

Les foetus, eux, terminent la majorité du temps à l'équarissage, entre les déchets et les cadavres d'animaux.

L214 persiste et signe

L214 annonce porter plainte contre l’abattoir auprès du Tribunal de grande instance de Limoges. L'association lance également une pétition demandant au ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll de "soumettre un projet de loi pour interdire la mise à mort de vaches, au moins lors des trois derniers mois de leur gestation". Les initiateurs insistent"

Chaque jour, des veaux sur le point de naître meurent lentement dans le ventre de leur mère, s’asphyxiant pendant que leur mère est tuée et découpée. Ils sont ensuite jetés à la poubelle, comme des déchets."

L’association L214 dévoile régulièrement des situations de maltraitance animale, en s'appuyant sur des vidéos tournées clandestinement dans des abattoirs. En septembre, elle sortait par exemple des images de moutons égorgés vivants, pour l’Aïd el-Kébir, dans un abattoir de Nouvelle-Aquitaine. 

Un poulailler industriel  proche de Villefranche-sur-Saône, avait également été dans leur collimateur fin mai. Cet élevage de poules, qui fournissait des oeufs était en fait plein d'asticots, de poux ou de cadavres de poules dans les cages. Le travail de L214 avait porté ses fruits : en juin, le tribunal de grande instance de Bourg-en-Bresse avait annoncé la liquidation judiciaire du poulailler.

En 2015 déjà, un abattoir avait fermé après une vidéo diffusée par L214 qui montrait notamment des bovins et des moutons en train d'être saignés alors qu'ils avaient repris connaissance, des porcs entassés dans une cage et asphyxiés au Co2, un cheval apeuré frappé avec un aiguillon électrique ou un veau échappé du tonneau de contention.

A. S.

 

 

Tag(s) : #Nos amies les bêtes

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