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Michel Onfray, 61 ans cette année, a publié environ 110 livres  . En effet sa production est si énorme, gigantesque même, que son seul recensement est un véritable casse-tête. Aucune certitude donc, de ne pas avoir commis une ou deux erreurs. Par exemple, compter comme ouvrage original, une compilation de textes publiés par ailleurs ou commis un oubli.

 

Avoir publié  110 livres entre 1989 et juillet 2020, signifie que Michel Onfray écrit quasiment quatre livres par an depuis trois décennies . L'opération donne très exactement le chiffre 3,666... Reconnaissons-le, la performance est remarquable. Michel Onfray s’inscrit parmi les auteurs les plus prolifiques de ce pays et très probablement de cette planète. Et ce, sans ironie aucune. Tout au contraire, de l’admiration.

 

Cependant Michel Onfray se targuant de faire œuvre de philosophe, la seule question qui vaille est, quand a-t-il  bien pu trouver le temps de les penser, ses 110 livres ? Ses milliers de pages, ses centaines de milliers de phrases, ses millions de mots ? Ses montagnes de concepts, ses avalanches d’arguments, ses tonnes de démonstrations et de réfutations ? Quand a-t-il bien pu caser ses vérifications, ses corrections, ses réécritures ? Et la recherche de ce satané fichier qui semble s’être perdu dans les entrailles de cet ordinateur...

 

Jamais, la seule réponse rationnelle jaillit d’emblée. Elle jaillit d’autant plus sèche que l’écriture de ses livres est loin d’être la seule activité de Michel Onfray.

 

Au fil du temps et pour une durée plus ou moins longue, voici en vrac, quelques-unes de ses autres menues occupations. Professeur de philosophie au lycée, publications dans la Règle de jeu et membre de son comité de rédaction. Créateur et gestionnaire de l’université Populaire de Caen. Il y enseigne aussi bien sûr. Créateur et gestionnaire de l’université populaire du goût à Argentan. Directeur de collection.  Auteur de préfaces et de postfaces... J’en oublie sûrement . En revanche ce qu’on ne peut oublier, c’est son omniprésence dans les médias. Articles, chroniques, polémiques, interventions, débats, interviews, dialogues... Bref depuis bien longtemps déjà, Michel Onfray apparaît plusieurs fois par semaine dans l’espace médiatique.

 

A cet emploi du temps professionnel surchargé, il faut ajouter d’autres activités chronophages. Ainsi sa notoriété impose à Michel Onfray beaucoup d’obligations sociales. Répondre à des invitations, rendre des invitations, assister à une multitude d’événements etc On peut également noter les contraintes biologiques, manger, dormir, se soigner, souffler, d’autres encore, certaines plus triviales. Pointer aussi les soins à sa personne, se laver, aller chez le coiffeur, acheter ses vêtements etc

 

On l’aura compris, l’objet de ce petit papier n’est pas de porter la contradiction au philosophe M Onfray. Nous en serions d’ailleurs incapable, n’ayant pour seul bagage dans cette discipline, que les quelques heures de cours du lycée.

 

Ici nous faisons simplement appel au bon sens. Il est totalement impossible de construire une véritable œuvre intellectuelle dans les conditions que nous avons évoquées plus haut. Plus simplement, sans prétendre construire un système de pensée, Il est tout aussi impossible de rédiger des dizaines de livres de qualité. Qui plus est, dans un domaine  aussi exigeant que la philosophie.

 

 

D’ailleurs, il ne faut pas chercher bien longtemps pour trouver des failles,  parfois béantes, dans les ouvrages de Michel Onfray. Nous nous limiterons à deux exemples. D’abord celui d’Élisabeth Roudinesco  historienne de la psychanalyse qui recense dans l’un des plus grand succès de ce dernier, « Crépuscule d’une idole. L’affabulation freudienne »,  quelques 600, oui six cent, erreurs factuelles. Le second est le philosophe Claude Obadia qui juge que dans « Le Songe d’Eichmann », les « anachronismes d’interprétation et les contre-sens grossiers abondent.»

 

Alors Michel Onfray est- il dupe de son personnage public ? Sa grande intelligence indéniable écarte d’emblée cette hypothèse. Gageons qu’il ne fait que vivre comme il l’entend, qu’il profite pleinement de ce qu’il peut obtenir comme bon hédoniste revendiqué,  qu’il est. Philosophe on vous dit.

 

 

 

 

 

 

 

 

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