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Les Ardennes, l’une des plus belles régions françaises. Une beauté sobre, dépouillée. L’essentiel. Le reste aux poseurs, aux m’as-tu-vu. La terre, le travail pour en tirer ce qu’on posera sur la table pour se nourrir et nourrir les siens.  Ici dans ce pays âpre mais dur et fier à la peine, même la beauté, comme celle , époustouflante, des méandres de la Meuse, n’est qu’une offrande de plus, en plus de l’eau vitale qui désaltère les hommes et les bêtes, irrigue le blé, le maïs, l’escourgeon... La forêt, immense et infinie, si grande qu’il restera toujours et à jamais une clairière, une futaie, un taillis où le cerf, le sanglier et tout autre animal, petit ou grand, n’ont, sûrement jamais vu, senti, ni même entendu parler, de ces drôles de créatures  qui marchent sur leurs deux pattes...Les Ardennes et ses villages à l’image de leurs habitants. Ici on ne bluffe pas, on vit. La boulangerie pour le pain, la boucherie pour la viande, l’épicerie pour le reste. Le café de temps en temps, le soir, après le boulot car aujourd’hui il a fait sacrément froid. Boire un verre ou deux, rarement plus, avec ses voisins, pas très causants, comme soi-même, juste l’important, les nouvelles du pays et de ses gens. En un mot comme en mille, Les Ardennes, je vous aime.

Ce pays  c’est aussi celui de la beauté, presque surnaturelle d’Arthur Rimbaud et de son œuvre. Que celui ou celle qui ne s’est jamais étranglé d’émotion, touché à mort aux « deux trous rouges au côté droit » du Dormeur du val, que celui ou celle qui ne s’est jamais perdu dans le sillage du Bateau ivre, qui n’a jamais eu peur, de se noyer pour de vrai submergé par ces vers, ces strophes, ces rimes et ces rythmes, me pardonne, mais maintenant j’ai poésie...

 

Je m’en allais les poings dans mes poches crevées 

Mon paletot aussi devenait idéal 

J’allais sous le ciel Muse ! et j’étais ton féal 

Oh ! là ! là ! que d’amours splendides j’ai rêvées !

(Ma bohème)

 

 

Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers

Picoté par les blés, fouler l’herbe menue

Rêveur j’en sentirai la fraîcheur à mes pieds

Je laisserai le vent baigner ma tête nue

(Sensation)

 

 

 

C'est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.

(Le dormeur du val)

 

 

J’ai tendu des cordes de clocher à clocher

Des guirlandes de fenêtre à fenêtre 

Des chaînes d’or d’étoile à étoile et je danse

(Illuminations)

Fumay - Photo de alainphoto0886 Instagram -

 

 

Ô saisons, ô châteaux

Quelle âme est sans défauts ?

(Derniers vers)

L’automne dans les Ardennes Photo de Angélique Michaud http://angeliquemichaudphotographie.over-blog.com

 

 

Comme je descendais les Fleuves impassibles

Je ne me sentis plus guidé par les haleurs

Des peaux-rouges criards les avaient pris pour cibles

Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.

 

J’étais insoucieux de tous les équipages 

Porteurs de blés flamants ou de cotons anglais

Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages

Les Fleuves m’ont laissé descendre où je voulais

(Le bateau ivre)

 

Monthermé lovée dans un méandre de la Meuse
Tag(s) : #Les ballades

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