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 Reportages: sommaire

 

 

Dans les années 80-90, l'apparition de reportages sur le dépôt d'ordures de Manille, appelé "Montagne fumante", s'étendant le long de la baie, au Sud de Navotas a émue l'opinion internationale à tel point que celle-ci fut fermée en 1996. Mais la ville produisant de plus en plus d'ordures, les milliers de chiffonniers se regroupèrent sur deux autres sites Payatas à Quezon City et Vitas à Manille. Ce dernier ce situe à 500 mètres à vol d'oiseau de l'ancien site, et les mêmes images d'horreur ont refait leurs apparition.

De jour et de nuit, une colonne incessante de camions poubelles délabrés y décharge tous les rebuts et toutes les pourritures de la ville. Les éboueurs, qui sont presque des chiffonniers mais de première catégorie, ont déjà fait un premier tri pour récupérer ce qui a le plus de valeur, sans parler de ceux qui ont déjà fouillé les sacs directement sur les trottoirs. Ce qui parvient à la montagne fumante est donc ce qui semble être difficilement utilisable et recyclable. Pourtant toute une armée d'enfants et d'adultes, munis de pics en fer acérés, se précipite sur les chargements, parfois avant même qu'ils ne se répandent sur le sol. Certains sont pieds nus dans la boue nauséabonde, des ordures jusqu'aux genoux, sans protection aucune contre les infections.

Des bulldozers passent régulièrement, sans prévenir et sans ralentir, pour écraser peu à peu les couches de détritus qui s'amoncellent, avant qu'une pelleteuse n'en charge une petite quantité sur un bateau qui va tout déverser au fond de la baie de Manille, pendant que la plupart des ordures continuent à pourrir sous le soleil accablant. Les odeurs, la chaleur, la poussière, les myriades de mouches sont indescriptibles. Des groupes d'enfants, garçons et filles, âgés de 4 à 15 ans, grattent à longueur de journée la moindre parcelle, retournant les détritus à la recherche de plastique ou de fer.

Des familles vivent directement sur la décharge, dans les immondices, et les enfants ne connaissent rien d'autre que cet environnement, se nourrissant aussi de ce qu'ils récupèrent dans les détritus. Les accidents sont nombreux, y compris des chiffonniers qui sont enterrés vivants par la chute des ordures lorsque les camions se vident. Des enfants parfois âgées de 3 ans tentent de trier les ordures de Manille pour quelques dollars par jour.

Des centaines de personnes dans les bidonvilles alentour sont sans eau douce, sans électricité, sans autre moyen de communication que de petites barques fragiles, cette communauté d’âmes, qui peut voir de son rivage les gratte-ciel du quartier d'affaires de Makatî, est ignorée, sans accès à l'éducation, aux soins. Les enfants les plus jeunes n'ont jamais quitté cet endroit pour aller faire un tour "à la ville". Beaucoup d'enfants sont malnutris, car la nourriture se résume à une part de riz sans beaucoup d'accompagnement.

 

Tag(s) : #Reportages

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