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Contre l’apartheid israélien 1


Silvia Cattori : Alors le mouvement anti-guerre n’a pas complètement échoué comme le suggère le journaliste Jeff Blankfort, entre autres ?

Omar Barghouti : Je ne pense pas qu’il a échoué. Il n’a pas accompli autant qu’il aurait dû, compte tenu de l’élan et du sens de la solidarité qui animent beaucoup de gens dans le monde. Je suis d’accord qu’une des raisons – il y a beaucoup de raisons – est que les leaders, ceux qui fixent les limites en disant aux gens ce qui est permis et ce qui ne l’est pas, et en fixant les lignes rouges, n’ont pas des revendications assez radicales. Leurs revendications sont trop faibles et trop timides pour s’appliquer aux trois formes d’injustice commises par Israël à l’égard des Palestiniens : le déni du droit des réfugiés palestiniens, l’occupation militaire et la colonisation du territoire palestinien de 1967, et le système de discrimination raciale ou ce que j’appelle « l’apartheid intelligent » contre les citoyens palestiniens d’Israël.

Il y a, bien sûr, beaucoup de raisons générales pour lesquelles il est maintenant beaucoup plus difficile de mener un travail de solidarité avec la Palestine, particulièrement depuis le 11 septembre 2001, où les Palestiniens ont été diabolisés, déshumanisés, et dépeints comme des « terroristes » par Israël et les Etats-Unis. Même en Europe, ce phénomène se développe également.

Et, du fait de l’influence sioniste dans les médias et au Congrès à Washington, tout universitaire, tout intellectuel, tout artiste, tout homme politique qui exprime son soutien à la Palestine court le risque de se voir traîné dans la boue, ou de mettre un terme à sa carrière. Ainsi, le prix que payent ceux qui, par conscience, s’engagent à défendre les droits des Palestiniens et réclament la fin de toutes les formes d’injustice israélienne et sioniste, est aujourd’hui plus élevé que jamais. Et je salue particulièrement tous ceux qui, en dépit de toutes les intimidations, continuent à lutter pour les droits des Palestiniens.

Silvia Cattori : Quand je suis allée en Israël, en 2002-2003, cela a été un choc pour moi de découvrir que, alors que se déroulaient en Palestine des massacres et des destructions d’une telle ampleur, il n’y avait, à côté des internationaux et des Palestiniens de citoyenneté israélienne, que quelques centaines d’Israéliens prêts à descendre dans la rue, à Tel-Aviv ou à Jérusalem, pour protester contre les crimes de leurs « réservistes ».
J’ai alors réalisé que le « mouvement de la paix » israélien tel que nous l’imaginions en Europe, n’avait jamais existé, et que certains se sont livrés à une sorte de manipulation de l’opinion pour accréditer l’idée que les militants en Israël étaient un élément moteur en faveur des droits des Palestiniens. Alors que, en vérité, ces derniers n’ont pas grande chose à attendre de ce mouvement. Quelle est votre propre opinion à ce sujet ?

Omar Barghouti : La « gauche » israélienne est largement une mystification. C’est une grande tromperie. Il n’y a pas de gauche israélienne, selon toute définition internationale de ce terme, et je mets au défi quiconque de me démontrer le contraire. Je me suis exprimé à ce sujet, à la conférence de Bilin, en mai ; j’ai dit que, « avec son rejet des droits des réfugiés palestiniens et son insistance sur la suprématie juive et la discrimination raciale contre les citoyens palestiniens d’Israël, la gauche israélienne fait apparaître, en comparaison, la droite xénophobe européenne comme aussi morale que Mère Teresa ».

Quelqu’un appartenant au groupe Gush Shalom m’a défié. Il m’a lancé : « Cela dépend de la façon dont vous définissez la gauche. Vous définissez la gauche comme ceux qui acceptent le droit de retour des réfugiés palestiniens. Je peux définir la gauche comme ceux qui sont simplement opposés à l’occupation. Je ne suis donc pas d’accord avec votre définition de la gauche ».

« Très bien - ai-je répondu - laissons de côté les définitions relatives de la gauche. Mettons nous d’accord sur une définition universelle de la gauche. Sommes-nous d’accord que l’égalité est le principe de base, le principe fondamental auquel tout homme de gauche qui mérite ce nom devrait adhérer, à savoir que tous les êtres humains sont égaux ? »

Il m’a dit « Oui ».

Et je lui ai répondu : « Alors, les gens qui refusent d’accorder le droit de retour aux réfugiés palestiniens, simplement parce qu’ils ne sont pas juifs, pensent en fait que les Palestiniens —qu’ils soient musulmans ou chrétiens— ne sont pas égaux aux Juifs, sont moins que des humains. Cela fait d’eux des racistes, et certainement pas des gens de gauche ».

Ce n’est pas ma définition, c’est une définition universelle. Selon cette définition universelle, la grande majorité de ceux qui, en Israël, se proclament de gauche, sont en réalité des bigots de droite. Parce qu’ils sont contre le droit de retour des réfugiés, ils refusent de reconnaître la Nakba, le « nettoyage » ethnique de 1948 ; la plupart d’entre eux sont même contre une fin complète de l’occupation de Jérusalem et d’autres parties de la Cisjordanie, condamnée par le droit international.

Les Israéliens ont inventé et propagé le mythe selon lequel il existe un vaste camp de gauche ; et, alors que nous commencions à engager notre action de boycottage des institutions universitaires israéliennes, ces mêmes « gens de gauche » se sont malhonnêtement écriés : « Les universitaires israéliens sont au premier rang de la lutte contre l’occupation. Comment donc pourriez-vous boycotter nos universitaires ? »

Tout cela n’est qu’un mythe. Selon des recherches sérieuses faites par des Israéliens, le nombre total d’universitaires israéliens ayant signé une pétition condamnant l’occupation —sans même parler d’une participation à une manifestation publique— ne se monte qu’à quelques centaines sur neuf mille universitaires. Si vous enquêtiez sur leurs opinions touchant le droit inaliénable des réfugiés palestiniens, ou sur la fin de la discrimination raciale contre les « non-Juifs » en Israël, vous ne trouveriez qu’une poignée d’universitaires juifs israéliens pour soutenir de tels droits. Voilà la réelle dimension de la gauche en Israël ; elle ne consiste qu’en un tout petit groupe d’antisionistes courageux et moralement conséquents.

En dépit de cela, notre appel au boycott est par nature institutionnel ; il ne vise pas individuellement des universitaires pour eux-mêmes. Nous sommes donc, à tous les niveaux, sur un terrain solide, en particulier au vu de la complicité bien documentée de toutes les institutions universitaires dans le maintien et la promotion des divers aspects de l’oppression israélienne contre les Palestiniens.

Silvia Cattori : Ce groupe « de gauche » qui a réussi, par divers stratagèmes, à avoir une grande audience et à contenir le mouvement de solidarité international dans certaines limites, ne ferait-il pas également partie du problème ? En soutenant les « Accords d’Oslo », l’« Initiative de Genève », etc.., n’a-t-il pas davantage fait avancer l’oppression ?

Omar Barghouti : Les Palestiniens doivent mettre au clair, vis-à-vis du mouvement de solidarité, et à travers le mouvement de solidarité vis-à-vis du monde, que personne ne devrait parler en notre nom. Nous sommes assez « mûrs », nous sommes assez « grands » pour parler en notre nom. Nous n’avons besoin d’aucun patronage, que ce soit de la part d’amis ou d’adversaires.

Beaucoup d’Israéliens « de gauche », depuis des décennies d’occupation, ont pris l’habitude de parler pour les Palestiniens, puis de dicter aux Palestiniens ce qu’ils devraient penser et demander, le but ultime étant d’aider la « gauche » israélienne dans « sa » lutte ! Quand nous avons lancé le mouvement de boycott, nous leur avons effectivement dit : « Assez, c’est assez ».

Les appels palestiniens au boycott ont clairement souligné à ceux qui se considèrent appartenir à la gauche israélienne que leur attitude typiquement paternaliste à notre égard était humiliante et coloniale, et que l’autodétermination signifie, par-dessus tout, notre droit à décider de notre destin et de formuler nos aspirations à la justice et à l’égalité. Ils ont l’habitude de nous percevoir comme des indigènes stéréotypés, presque comme des enfants immatures auxquels on doit dire ce qu’ils doivent faire pour qu’ils sachent se conduisent.

En 2005, la société civile palestinienne a exprimé sa volonté en diffusant l’appel BDS massivement approuvé. Personne, dans le mouvement de solidarité avec les Palestiniens, ne peut plus ignorer cet appel en poursuivant des formes de soutien traditionnelles et inefficaces. BDS est simplement, aujourd’hui, la forme de solidarité avec la Palestine la plus saine moralement et la plus efficace politiquement.

Silvia Cattori : Mais comme vous le savez, ceux des politiques qui ont intérêt à freiner toute action contre l’apartheid sont encore très influents dans le débat. Partagez-vous l’opinion du politologue palestinien Abdel-Sattar Qassem, qui dit que les « vrais Palestiniens » sont absents du débat concernant la Palestine ?  (14)

Omar Barghouti : Les authentiques représentants de l’opinion publique palestinienne ont en effet rarement l’occasion de se faire entendre parce que les grands médias occidentaux, les grandes conférences internationales, les organisations de financement européennes et états-uniennes, ne sont pas intéressées par toute position palestinienne de principe qui plaide en faveur de l’application de la loi internationale et des droits universels. Ils invitent des gens dociles, des « modérés » qui vont tout de suite renoncer au droit au retour et accepter « le droit d’Israël à exister » en tant qu’état raciste fondé sur l’apartheid, et cela en retour de droits palestiniens très mineurs. Seuls ces « bons Arabes » sont recherchés dans ce genre de forums internationaux.

Silvia Cattori : Peut-on qualifier ces Palestiniens qui n’ont pas correctement agi, de « traîtres » ? Particulièrement depuis 2002 où la situation est devenue si terrible pour les résistants frappés par des assassinats extrajudiciaires israéliens.

Omar Barghouti : Je ne qualifierais pas tous ces gens là de traîtres parce que, je veux dire, il y a toutes sortes de traîtres. C’est un terme relatif. Bien sûr, nous avons nos « Quislings » qui collaborent ouvertement ou secrètement avec Israël. Mais la plupart des Palestiniens impliqués dans l’industrie de la paix sont confus, intéressés, ou les deux. Beaucoup d’entre eux sont dans ce « business » pour de l’argent, pour des privilèges personnels, et voudraient se persuader qu’ils servent la cause à leur manière. La façon la plus rapide de s’enrichir, aujourd’hui, est de créer un groupe conjoint palestino-israélien pour s’occuper de n’importe quoi : des droits des femmes, de football pour la paix, des droits des enfants, de théâtre pour la coexistence, du film pour surmonter les barrières psychologiques, d’environnement, de démocratie, de récits historiques parallèles, de recherche académique et scientifique, vraiment de n’importe quoi, excepté les luttes communes pour mettre fin à l’occupation et à l’oppression !

Les projets conjoints palestino-israéliens qui se proclament « apolitiques » —et sont de ce fait politiquement biaisés et trompeurs— attirent beaucoup d’argent européen. Et, malheureusement, beaucoup de Palestiniens —vu l’environnement privé de ressources dans lequel ils vivent sous occupation— et naturellement beaucoup d’Israéliens, sont engagés dans ce profitable business. Certaines élites politiques européennes vont généreusement financer tout projet susceptible de soulager leurs sentiments profonds de culpabilité au sujet de l’Holocauste. Nos droits comptent vraiment très peu dans ce programme manipulateur et mensonger.

Silvia Cattori : Avant d’aller en Palestine, j’étais comme tout le monde : je croyais qu’il existait réellement de très mauvaises gens, des « antisémites ». Mais soudain, après avoir écrit un ou deux articles, défendant les droits des Palestiniens, j’ai eu la surprise de découvrir que j’étais accusée d’être moi-même une « antisémite ». Je sais maintenant que ce mot est une arme très efficace entre les mains de ceux qui veulent faire taire les gens qui se mettent à critiquer librement et honnêtement Israël.
L’antisémitisme est un mouvement qui a existé dans les années 1930. Mais aujourd’hui, je vois qu’il y a beaucoup de gens qui haïssent les Arabes, à gauche aussi. En ce qui me concerne, je n’ai jamais rencontré d’« antisémites », c’est-à-dire quelqu’un qui hait les juifs parce qu’ils sont juifs. Par contre, je connais beaucoup de gens dont l’intérêt est de faire croire au monde que « l’antisémitisme » est un phénomène de grande ampleur, pour justifier l’existence d’Israël en terre arabe. Quelle est votre position là-dessus ?

Omar Barghouti : L’antisémitisme ne justifie pas Israël. Je pense que l’antisémitisme existe encore, c’est-à-dire des gens qui haïssent les juifs parce qu’ils sont juifs, particulièrement aux États-Unis et en Europe. Mais ce phénomène est maintenant plus marginal qu’il ne l’a jamais été ; il est loin d’être influent dans aucun pays. L’islamophobie par contre s’accroit dangereusement dans de larges milieux en Europe et aux États-Unis. Comme l’a dit Noam Chomsky, la haine des Arabes et des musulmans est vraiment aujourd’hui le nouvel « antisémitisme ».

Il est important, à ce sujet, de faire très clairement une distinction : notre conflit est un conflit avec le sionisme et avec Israël en tant qu’entité coloniale. Je suis opposé à toute forme de racisme, y compris l’antisémitisme et le sionisme. Moi-même, ainsi que la majorité des Palestiniens, n’avons absolument rien contre le judaïsme ou contre les juifs en tant que groupe religieux – absolument rien.

Nous sommes contre l’État d’Israël pas parce qu’il est « juif », mais parce qu’il est un oppresseur colonial qui nie nos droits. Si les juifs israéliens renoncent à leur existence coloniale et à leurs privilèges racistes et reconnaissent nos droits, nous n’avons aucun problème à coexister avec eux dans une Palestine dé-sionisée, qui inclurait nécessairement le droit de retour des réfugiés, et une totale égalité pour tous, sans distinction de religion, d’ethnie, de sexe ou d’origine nationale.

L’offre la plus généreuse que nous, natifs Palestiniens, puissions faire aux colons juifs israéliens est de les accepter comme des égaux vivant avec nous, pas au-dessus de nous. Ni maître, ni esclave. Mais accepter Israël comme « État juif » sur notre terre est impossible. Aucun Palestinien rationnel, ayant quelque sens de la dignité ne peut accepter un État raciste —qui l’exclut et le traite comme un humain relatif— sur sa propre terre.

Silvia Cattori : Il n’en demeure pas moins, que l’usage du mot « antisémite » a un impact beaucoup plus grand que l’usage du mot « raciste », et d’autres conséquences judiciaires pour ceux qui sont accusés d’être « antisémites ».
Ne devrions-nous pas nous considérer comme égaux en droit, juifs et non-juifs ? Pourquoi faudrait-il accepter cette façon biaisée de rendre les gens coupables de quelque chose qui n’existe plus, mais qui se révèle très utile pour un usage de propagande de guerre ?

Omar Barghouti : Oui nous devrions combattre cela aussi. Je veux dire qu’il faut lutter pour rejeter de façon égale toute forme de racisme et ne pas accepter ces actuelles lois européennes qui traitent « l’antisémitisme » comme une catégorie de crime particulière, bien pire que toutes les autres formes de racisme, y inclus l’islamophobie ou le racisme anti-noir dont on peut soutenir qu’il est aujourd’hui l’expression la plus répandue du racisme blanc.

Ces lois sont elles-mêmes discriminatoires ! L’antisémitisme n’est qu’une forme de racisme, ni plus ni moins ; il devrait être traité comme une branche du racisme, pas comme une super-branche du racisme. Mais, quoi qu’il en soit, il ne justifie pas la nature raciste d’Israël ; il ne justifie pas les crimes d’Israël. On devrait découpler l’antisémitisme de l’antisionisme. Le premier est du racisme ; le second est une position morale contre le racisme.

Silvia Cattori : Mais cela ne sera pas possible aussi longtemps que les Palestiniens se trouvent en situation de dissymétrie, et que, au-dehors, ce ne sont pas principalement les opprimés qui nous racontent leur vécu, mais ceux qui jouent le jeu de la « normalisation », qui est une sorte de collaboration !

Omar Barghouti : Je pense que ceux qui représentent les Palestiniens devraient respecter notre appel BDS de la société civile et s’unir derrière lui. Cet appel préconise une lutte contre les trois principales formes d’injustice israélienne, et pas seulement l’une d’entre elles ; l’occupation et la colonisation territoriale de 1967 n’est qu’une de ces formes d’injustice.

Le cœur de la question palestinienne demeure la plus grande injustice que constitue le déni des droits fondamentaux des réfugiés, lesquels représentent la majorité du peuple palestinien.

Et il y a une troisième forme d’injustice qui est souvent oubliée : le racisme institutionnalisé à l’encontre des Palestiniens en Israël. Même si Israël mettait fin demain à l’occupation, cela ne mettrait pas fin à ce conflit colonial. Je pense que le mouvement de solidarité, en Europe et dans le monde, doit respecter la voix de la société civile palestinienne, au lieu de promouvoir ces « Quisling » palestiniens, ou ces petits bureaucrates qui voyagent dans le monde pour dire ce que vous voulez tant que vous les payez bien. Ces gens là ne représentent pas les Palestiniens ; ils ne parlent pas au nom des Palestiniens.

Silvia Cattori : Je vous remercie.


1  Invité par ISM Italia. Omar Barghouti, est membre fondateur de la Campagne palestinienne pour le boycott académique et culturel d’Israël (PACBI : Palestinian Campaign for the Academic and Cultural Boycott of Israel->), un chercheur indépendant dont les écrits politiques et culturels sont publiés dans diverses médias. Il est un militant des droits humains impliqué dans la lutte visant à mettre fin à l’oppression et au conflit israélo-palestinien par la résistance civile. Il est titulaire d’un Master en ingénierie électrique de l’Université de Columbia et suit, en ce momentt, un cursus d’études doctorales en philosophie (éthique) à l’Université de Tel Aviv. Il a contribué au volume philosophique récemment publié sous le titre Controverses et Subjectivité (John Benjamins, 2005). Il a également contribué à l’ouvrage intitulé La nouvelle Intifada : Résister à l’Apartheid israélien (Verso Books, 2001). Il plaide en faveur d’une vision éthique pour un seul État laïque et démocratique sur le territoire de la Palestine historique. Il est chorégraphe et enseigne la danse. Il s’est exprimé dans plusieurs conférences sur les relations entre art et oppression.

2 En juillet 2004, 171 organisations et syndicats palestiniens ont appelé la communauté internationale à soutenir le boycott, le désinvestissement, et les sanctions (BDS) contre Israël, jusqu’à ce qu’il se conforme pleinement au droit international et aux droits humains.

3 « Savoir s’il aurait pu y avoir une meilleure issue reste une pure conjecture. Mais le rêve qu’était la Palestine est finalement mort. » Citation tirée de l’article de Bret Stephen « Qui a tué la Palestine ? Un échec qui a des milliers de pères », The Wall Street Journal, 26 juin 2007. (B. Stephen est membre de la rédaction du Wall Street Journal. Il a été directeur du Jerusalem Post)

4 « A Secular, Democratic State Solution – the Light at the End of the Gaza-Ramallah Tunnel » (« La solution d’un seul État laïque et démocratique – La lumière au bout du tunnel Gaza-Ramallah »), par Omar Barghouti, Counterpunch, 20 juin 2007.

5  Les Accords d’Oslo ont été signés en 1993 à Washington en présence de Yitzhak Rabin, Premier ministre israélien, Yasser Arafat, Président du comité exécutif de l’OLP, et Bill Clinton, Président des États-Unis. Cependant les deux signataires sont Mahmoud Abbas et Shimon Peres.

6  Conseillers du Président Yasser Arafat hier, aux commandes aujourd’hui, accusés de servir avant tout leurs propres intérêts matériels et de prestige.

7  « Secular Arabs Detest Hypocrisy too » (« Les arabes laïques aussi détestent l’hypocrisie »), par Omar Barghouti, ZNet, 6 février 2006.

8  L’Initiative de Genève, ou Accord de Genève, signé le 1er décembre 2003 à Genève, a été présenté comme une « bulle de savon » par l’historien Illan Pappe, mais comme un réel « espoir de paix » par Dominique Vidal (http://www.monde-diplomatique.fr/dossiers/geneve/voir ). Initiative « soutenue sans réserve » par l’Union française juive de paix (UFJP) , et saluée avec émotion par le Mouvement de paix.

9  Alexis Keller, mandaté par la Suisse pour diriger les négociations de l’« Initiative de Genève », a affirmé, lors d’une conférence en 2003, que cette initiative « représente le maximum de ce que les Israéliens peuvent concéder…Qu’il y a des lignes rouges que les Israéliens ne peuvent traverser, comme le droit au retour des réfugiés palestiniens chez eux. Qu’Israël ne peut admettre ce retour parce qu’il doit rester un État juif » (avec une majorité juive). Apparemment, le concept discriminatoire d’« État juif » n’a pas posé un problème à M. Keller.

10  Dans son rapport de février 2007, M. Dugard, affirme que « certaines politiques de l’occupation israélienne ressemblent à l’apartheid »

11 Palestine : la paix, pas l’apartheid, par Jimmy Carter, L’Archipel. Paris, 2007.

12  Jusqu’à très récemment, un mensuel progressiste comme Le Monde diplomatique n’associait pas Israël à l’apartheid. Au mieux, en 2004, M. Alain Gresh écrivait « ressemble à l’apartheid ».
Selon le militant P-Y Salingue il y a deux groupes de gens, qui pour des raisons très différentes, contestent l’usage du terme apartheid dans le cas de l’État d’Israël :
- Ceux qui acceptent de parler de discrimination mais pas d’apartheid, de dire qu’il y aurait des inégalités et des injustices dont seraient victimes les Palestiniens vivant en Israël, mais rien de comparable à la situation de la population noire d’Afrique du sud. S’agissant des Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza ils parlent d’occupation militaire voire d’occupation coloniale et dénoncent donc l’occupation militaire et le comportement de l’armée d’occupation. Ici aussi ils refusent toute assimilation avec l’apartheid d’Afrique du sud.
- Ceux (très rares) qui refusent d’utiliser la notion d’apartheid parce qu’elle ne leur parait pas permettre une bonne analyse et n’est donc pas pertinente pour adopter une ligne de conduite. Ils considèrent la politique sioniste comme une politique de nettoyage ethnique visant à vider la terre d’Israël de toute présence des arabes autochtone. Les arabes n’étant pas considérés par le colonisateur comme une ressource qu’il convient d’exploiter mais au contraire comme une menace qu’il faut éliminer. Manière d’analyse qui conduit à émettre des réserve quant au terme d’apartheid, selon le postulat que la colonisation vise à maintenir les indigènes dans la même économie, et donc aussi dans la "même société" que celle des colons, mais sans les droits et de manière séparée, en évitant le mélange des populations dans la vie sociale. Les blancs d’Afrique du Sud ne voulaient pas chasser les noirs parce qu’ils avaient besoin d’eux pour l’économie (leur force de travail notamment). Si l’apartheid peut être renversé, c’est une toute autre chose d’annuler les effets d’un nettoyage ethnique, il ne faut pas se tromper sur la stratégie de l’adversaire.
Dans le premier cas, dire qu’Israël n’exploite pas les Palestiniens comme les noirs en Afrique du sud, c’est faire une défense d’Israël, en concédant tout au plus une certaine discrimination.
Dans le deuxième cas, dire la même chose a une toute autre conséquence : c’est dire que parler d’apartheid est bien faible car Israël ne veut pas d’abord opprimer les Palestiniens mais procéder à leur élimination, par leur nettoyage ethnique.

13 Leur soutien va au « camp de la paix israélien » et aux Palestiniens qui acceptent de renoncer à plus de 80 % de la Palestine. En France les associations et les partis de gauches sont regroupés dans le Collectif national « Pour une paix juste entre Palestiniens et Israéliens ». À noter que les deux parties sont mises sur le même plan, comme s’il s’agissait d’une dispute « entre deux peuples » pour la terre, de deux « nationalismes également légitimes ». « Dispute » qui, selon eux, aurait commencé après l’occupation de 1967, faisant ainsi passer à la trappe les 19 années d’occupation qui ont précédé, et pourrait « se résoudre par la négociation et le dialogue », évitant de parler de « résistance ». Tout se passe comme si, lors de toute conférence, la voix des Palestiniens opprimés n’était pas crédible si elle n’était pas accompagnée d’un orateur israélien ou de confession juive. Ainsi, on a vu durant des années Leila Shaid flanqué de Dominique Vidal et de Michel Warshawsky.

14 « Les Palestiniens ne se rendront jamais », entretien d’Abdel-Sattar Qassem avec Silvia Cattori.

 


 

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