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Ayaan Hirsi Ali, ex-députée néerlandaise d'origine somalienne, s'est vue érigée ce week-end en sainte et martyre victime de l'Islam. Propulsée sur la scène médiatique par tout ce que le pays compte d'intellectuels islamophobes patentés

Le but de l'opération médiatique, organisée conjointement par ProChoix, La Règle du jeu et Charlie Hebdo ? Sauver Ayaan Hirsi Ali des griffes des méchants islamistes radicaux en lui faisant octroyer la nationalité française et en demandant à l'Europe  d'assurer sa protection ainsi que celle de tous les "dissidents de l'Islam".

La pasionaria de l'anti-islamisme a en effet été menacée de mort dans une lettre retrouvée sur le cadavre de Théo Van Gogh, auteur avec elle de Soumission, un film-pamphlet raciste et imbécile sur l'Islam, qui a valu au cinéaste néerlandais d'être poignardé en novembre 2004 par un fou. Protégé un temps par la gouvernement néerlandais, Ayaan Hirsi Ali ne bénéficie plus aujourd'hui d'aucune protection officielle.

Née en Somalie en 1969, Ayaan Hirsi Ali s'est réfugiée aux Pays Bas pour fuir selon elle les horreurs de la guerre civile et du mariage forcé. Elle y obtient l'asile politique en 1992 puis la nationalité néerlandaise en 1997. En 1998, elle est élue députée sous la bannière du Parti Travailliste, puis réélue en 2002 sous celle du Parti Libéral. La jeune politicienne a selon ses dires définitivement renié l'Islam le 11 septembre 2001. Elle s'est engagée depuis, dans une virulente croisade contre l'Islam avec une attitude et des propos que ne renierait pas l'extréme droite la plus rance.

Devenue un temps grande prêtresse de la cause anti-islamiste aux Pays-Bas, Ayaan Hirsi Ali a dû abandonner ses fonctions et ses privilèges en 2006, après qu'un documentaire télévisé intitulé Sainte Ayaan eût révélé ses mensonges, ce qui ne pardonne guère dans un pays de tradition calviniste où elle a du jour au lendemain perdu toute crédibilité. Dans sa demande d'asile, la jeune députée noire avait en effet menti sur son identité , elle s'appelle en réalité Ayaan Megan, son âge, son mariage, qui n'était aucunement forcé mais eût lieu avec son consentement  avec un somalien installé au Canada, et sur le fait qu'elle fuyait la  Somalie ravagée par la guerre et les islamistes alors qu'elle arrivait  d'Allemagne après avoir vécu au Canada et avoir passé sa jeunesse dorée, son père est un grand intellectuel aisé, dans un Kenya en paix. On le voit, la vraie vie de Ayaan Hirsi Ali n'a rien, absolument rien, de cette vie de martyre victime de "persécutions islamistes endurées quotidiennement", qu'elle se permet encore d'évoquer ...

A la suite d'une enquête administrative, Ayaan Hirsi Ali s'est donc vu retiré son passeport par la ministre de l'Intégration, Rita Verdonk, perdant du coup son statut d'élue. Elle gagne alors Washington où elle est depuis mai 2006 employée, et très bien payée, par l'American Enterprise Institute (AEI), un think tank néoconservateur proche de l'administration Bush. Mais, installée aux Etats-Unis, Ayaan Hirsi Ali a perdu la protection policière officielle qui était assurée jusqu'en novembre dernier par le gouvernement de La Haye et sa garde rapprochée est désormais payée grâce à des dons d'organismes privés.

La "Voltaire noire" si chère aux islamophobes sera jeudi prochain à Bruxelles, accompagnée de Bernard-Henri Lévy. Le petit Nicolas sera là aussi, qu'elle surprise!,  pour demander que l'Union Européenne  prenne en charge sa protection et celle de tous les futurs "dissidents de l'Islam".

Cela dit, le mal étant fait, il faut évidemment protéger cette jeune menteuse. Mais, de grâce, cessons de la vendre comme un parangon de vertu laïque. Dans cette affaire, ce n’est pas l’islam qui envahit l’espace public, mais la haine de l’islam. Et cela par tous les artifices de la publicité.

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