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Gaccio Bruno Dieudonné
Editions Mordicus



Peut-on tout dire ? Comment se porte ce principe inscrit dans notre constitution, qui marie deux mots magnifiques : liberté d'expression ? Deux grands noms du rire ont répondu, séparément, à nos questions.

Le premier, Dieudonné, est bien placé pour aborder le sujet ; l'ancien militant antiraciste, devenu ennemi antisémite numéro 1, est aujourd'hui quasiment interdit d'expression sur la scène publique. En a-t-il trop dit, trop fait ? Le second, Bruno Gaccio, a été durant seize ans le principal inspirateur des Guignols de l'Info, dont la liberté était le principe fondateur. Pour Gaccio, la liberté d'expression n'est pas un vain mot, et il s'inquiète des pressions de plus en plus insistantes des religieux, des communautés, des bien-pensants qui prétendent la corseter.

 
Bruno Gaccio est né à Saint-Etienne le 14 décembre 1958. Fils unique d'un maçon italien et d'une mère française ouvrière en imprimerie, autodidacte, cet esprit rebelle, un temps séduit par les anars, a été apprenti typographe, puis chevrier, jusqu'à ce que le hasard d'une rencontre le propulse sur la scène du café-théâtre, en tant qu'auteur et interprète. Au début des années 80, il se fait remarquer dans " Le Petit Théâtre de Bouvard " (Antenne 2.) Gaccio y croise Smaïn, Chevallier et Laspalès, Muriel Robin, les Inconnus, et Michèle Bernier, la fille du professeur Choron, qu'il épouse.

En 1992, il entre à Canal +. Coauteur des Guignols de l'Info, il devient peu après le leader de la fine équipe des gag-men. Il est aussi l'auteur de plusieurs spectacles interprétés par Charlotte de Turckheim et Patrick Timsit. Il quitte les Guignols en juin 2007, après l'élection présidentielle, mais reste à Canal +, comme directeur de la fiction. Derniers ouvrages parus : " Le Guignol et le Magistrat " avec Philippe Bilger et Gilles Verlant, éditions Flammarion, 2005.
" La success story du président " avec Cabu, aux éditions Hoebeke, 2006.


Dieudonné M'Bala M'Bala est né à Fontenay-aux-Roses, dans la grande banlieue parisienne, le 11 février 1966. Sa mère est bretonne, sociologue ; son père camerounais, expert comptable. En 1990, il fait ses débuts au Café de la Gare, pépinière du rire. Avec Elie Semoun, un ami de lycée, ils forment un duo décapant : le Juif Cohen et le Noir Bokassa. Le tandem se défait en 1997. Cette année-là, Dieudonné se présente aux législatives à Dreux, contre une figure du Front national, Marie-France Stirbois. L'humoriste est devenu un acteur populaire, au générique de " Didier ", d'" Astérix et Obélix, mission Cléopâtre ". Début décembre 2003, sur le plateau de Marc Olivier Fogiel (" On ne peut pas plaire à tout le monde "), son sketch d'un colon israélien pastiche d'un nazi juif déchaîne la colère des activistes sionistes. Il est harcelé devant les tribunaux. Ses spectacles sont interrompus, il est agressé. Ses enfants aussi. C'est l'engrenage.
Dieudonné devient infréquentable. Il lui reste son théâtre de la Main d'Or, proche de la Bastille, où il fait salle comble. Derniers spectacles : " Mes excuses ", "J'ai fait l'con " , " Sandrine".


Les signataires de la pétition « Liberté pour l'histoire » réagissent ici avec fermeté au vote par l'Assemblée nationale de la proposition de loi pénalisant la négation du génocide arménien et préviennent qu'ils demanderont au Président de la République de saisir le Conseil constitutionel si le vote de la loi devait être confirmé par le Sénat.

 

Communiqué de l'Association Liberté pour l'histoire, 12 octobre 2006


La France est engagée dans un processus accéléré de lois établissant des vérités d'Etat sur le passé. Alors même que le Président de la République a déclaré que « ce n'est pas au Parlement d'écrire l'histoire », le vote, aujourd'hui, d'une nouvelle loi sur le génocide arménien constitue une véritable provocation. Si profond que soit le sentiment de solidarité que nous éprouvons pour les victimes de l'histoire, nous élevons une protestation solennelle : cette nouvelle loi s'inscrit dans un mouvement rapide d'appropriation de l'histoire par des mémoires particulières et de recul des libertés démocratiques.

En repoussant un amendement qui visait au moins à préserver de la censure et de la répression « la recherche universitaire et scientifique », l'Assemblée nationale vient d'ôter le masque : ce ne sont pas d'éventuels « troubles à l'ordre public » qu'elle entend empêcher par ces lois, c'est bien la recherche universitaire et tous les enseignants qu'elle veut, sous peine d'amende ou de prison, soumettre aux vérités officielles qu'elle édicte. Les historiens se trouvent ici en première ligne d'un combat qui intéresse tous les citoyens et met en cause la possibilité pour chacun d'accéder à la connaissance et au libre examen. Ce sont bien les libertés de pensée et d'expression qui sont menacées.

De même que l'article 4 de la loi de février 2005 relatif à la colonisation, récemment abrogé, la loi relative au génocide arménien est contraire à notre Constitution et aux principes généraux du droit. C'est pourquoi, si le Sénat devait confirmer le vote de l'Assemblée, nous demanderions au Président de la République de saisir le Conseil Constitutionnel, gardien de la Constitution et des libertés, pour qu'il annule la loi du 29 janvier 2001, modifiée par la loi adoptée le 12 octobre 2006 par l'Assemblée nationale.

 

 

 


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