Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Le maintien de Gilles Bernheim à la tête du grand rabbinat de France n'était plus un sujet tabou dans la communauté juive quelques heures avant le début de shabbat, vendredi 5 avril. Alors que des doutes avaient émergé ces derniers jours sur la réalité de son statut d'agrégé en philosophie, dont se prévalait jusqu'alors sa biographie, le ministère de l'éducation nationale nous a confirmé dans la soirée que le nom de Gilles Bernheim n'apparaissait pas sur les listes officielles des titulaires de l'agrégation. Une information que les fidèles ne commenteront qu'après la fin du repos juif, samedi soir, mais qui risque de fragiliser encore le responsable religieux, mis en cause dans des affaires de plagiat, ces dernières semaines.

 

Vendredi matin, L'Express avait déjà affirmé qu'il ne figurait pas dans les archives de la Société des agrégés. "La société publie tous les ans depuis 1914 la liste des admis aux concours interne et externe. Une erreur de copie est toujours possible, mais en général lorsqu'on nous demande de rechercher un diplômé, on le retrouve", nous indiquait vendredi la présidente de cette association, Blanche Lochmann.

  

PASSAGES EMPRUNTÉS À D'AUTRES AUTEURS

 

De son côté, le porte-parole du grand rabbin de France, Moshé Lewin, nous a assuré que M. Bernheim, "très affecté", envisageait de s'exprimer "la semaine prochaine", sur les différentes mises en cause dont il est l'objet depuis quelques semaines. Accusé de plagiat dans au moins l'un de ses ouvrages, le grand rabbin de France, après avoir nié et renversé l'accusation, avait en effet admis avoir confié l'écriture de son livre, Quarante méditations juives (Stock, 2011), à un "étudiant" et reconnu que ce dernier s'était rendu coupable de plagiat.

 

L'universitaire Jean-Noël Darde, qui est l'un de ceux à avoir révélé cette affaire, assure sur son blog Archéologie du copier-coller, que d'autres ouvrages du grand rabbin comporteraient des passages empruntés à d'autres auteurs.

 

Semblant vouloir déminer les critiques sur le titre d'agrégé, le porte-parole de M. Bernheim nous a par ailleurs fait remarquer que cette mention n'apparaissait pas dans le portrait publié sur le site du grand rabbinat.

 

RUMEURS LORS DE LA CAMPAGNE ÉLECTORALE DE 2008

 

Par ailleurs, la mention de ce diplôme et la qualité d'"agrégé de philosophie", qui figuraient encore jeudi dans la fiche Wikipédia consacrée au grand rabbin, en ont été supprimées, vendredi, en début d'après-midi. Seule apparaît désormais à la rubrique "formation" la mention "semikha" ; ce mot hébreu désigne la cérémonie de remise du diplôme rabbinique. "Si ses études ont participé à la carrure intellectuelle de Gilles Bernheim, il faut quand même rappeler qu'il n'a pas été élu grand rabbin sur le fait qu'il était agrégé en philosophie ou pas", a poursuivi son porte-parole.

 

Cette nouvelle révélation sur le CV de M. Bernheim, qui a fondé une grande partie de sa légitimité sur sa qualité de "rabbin-philosophe", ne constitue apparemment pas une surprise pour tout le monde. Des rumeurs concernant son diplôme avaient déjà couru parmi les responsables de la communauté juive au moment de la campagne électorale de 2008, qui l'opposait au grand rabbin Sitruk. Mais "le dossier avait été arrêté et la publication de cette information interdite", assure aujourd'hui un bon connaisseur de ce milieu. 

 

Tag(s) : #Nouvelles du front

Partager cet article

Repost 0